La Cour des comptes européenne, dans un rapport spécial intitulé "Infrastructures de transport de l’UE : accélérer la mise en œuvre des mégaprojets pour générer l’effet de réseau dans les délais prévus", fustige le retard pris par six projets sur les huit analysés.
Ils "ne pourront probablement pas fonctionner à leur pleine capacité d’ici à 2030, comme le prévoit le calendrier établi en 2013", dénonce l’institution. Des projets cofinancés par l’Europe. Et la France fait figure de mauvaise élève pour le Lyon-Turin et le canal Seine-Nord. Le bonnet d’âne revient au projet de grand canal entre la Seine et l’Escaut, avec un coût qui a augmenté de 199 % et atteint 5 milliards d’euros. Et pour les délais, c’est pire. Les travaux, qui devaient commencer en 2000, démarreront, si tout va bien, cette année. La mise en service aura sans doute lieu en 2028, avec vingt ans de retard.
Sur la ligne Lyon-Turin, les oppositions et les changements de position des gouvernements italien et français ont contribué à retarder le chantier et la mise en service, qui aura lieu au mieux en 2030, alors qu’elle était prévue au départ pour 2015. Le rapport évoque un surcoût de 85 %, à 9,6 milliards d’euros. Une analyse contestée par le promoteur du projet, Tunnel Euralpin Lyon Turin (Telt), qui considère que la Cour des comptes européenne se réfère à une étude préalable datant d’un autre siècle. La Cour demande d’accélérer les chantiers. Ces projets, qui s’intègrent dans les neuf corridors européens pour le transport de passagers et de marchandises, sont cruciaux pour l’économie continentale, pour réduire les émissions de CO2 et pour s’inscrire dans le green deal.



