Les voyageurs ne se pressent pas dans les trains de la SNCF

La SNCF ne bénéficie qu’insuffisamment du déconfinement accéléré depuis le 2 juin dernier. La fréquentation des trains de grandes lignes et des TER restent faibles et les réservations pour l’été sont mal parties pour renflouer les caisses de l’opérateur historique.

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Rame TGV
Les TGV de cet été ont du mal à se remplir.

Avec des taux de réservations sur les TGV Inoui et Ouigo et les Intercités compris entre 10 et 15 % pour le mois de juillet et inférieur à 10 % pour le mois d’août, ce n’est pas avec les congés d’été que la SNCF va renflouer ses caisses. Après avoir perdu 4 milliards d’euros entre les grèves et la pandémie sur l’exercice 2020 à ce jour, l’addition risque d’être encore plus salée dans les prochains mois si les Français ne se ruent pas dans les gares ou sur l’appli de la SNCF pour réserver des billets.

L’incertitude prime et les annonces du Président de la République, Emmanuel Macron, pourraient débloquer la situation en partie. Car à ce jour, bien des Français ne savent pas où pourront-ils passer leurs vacances.

Réservations au dernier moment

une autre incertitude explique ce manque de décision. "Les réservations se font souvent en dernière minute. Sur les derniers week-ends, le taux d’occupation a atteint 50% depuis qu’il n’est plus nécessaire de laisser libre un siège sur deux avec un trafic limité à 70%, indique une porte-parole de Voyages SNCF. Pour les vacances d’été, beaucoup de gens sont dans l’attente de savoir s’ils auront des congés."

Ce peu d’empressement des voyageurs pour réserver leur place a obligé la Voyages SNCF à supprimer des trains. 5% des trains sont aujourd’hui annulés, mais le transporteur rappelle qu’un "échange ou un remboursement sans frais est proposé. Et chaque client est contacté pour l’informer." Au rythme où les réservations sont enregistrées, il ne devrait pas être trop difficile de prendre place dans un autre train.

Opération TER de France

Pour attirer le chaland, la SNCF a plus que doubler sa politique de petits prix par rapport à l’an passé avec 3 millions de titres de transport proposés à 49 euros maximum. Depuis le 4 juin et le lancement de cette offre, 50 000 billets sont vendus chaque jour.

Mais un autre facteur explique cette réticence à reprendre le train, comme les autres modes de transport public d’ailleurs, c’est la peur du Covid-19 et chacun sait que la promiscuité favorise sa contagion. La faible fréquentation dans les métros parisiens est un signe.

Dans les TER, depuis début juin, la fréquentation est inférieure à 80% par rapport aux chiffres habituels. Les Régions lancent une opération TER de France pour reconquérir le public, avec deux millions de billets à 10 euros, l’extension des abonnements annuel TER dans toute la France pendant l’été, un pass Jeune TER de France valable sur tous les TER et une carte touristique interactive pour accéder à des centaines de destinations touristiques. Avec la promotion du TER, c’est aussi un encouragement au tourisme durable. Les Français y seront-ils sensibles ? Pas sûr si l'épidémie reste à l'affût.

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