Le français Gaussin, spécialisé dans la conception et l’assemblage de véhicules destinés à la logistique et la manutention, fait à son tour son entrée dans l'hydrogène. Sur son siège situé à Héricourt (Haute-Saône), il a dévoilé mardi 6 octobre deux modèles : l’ATM-H2 pour le transport en centre logistique et son grand frère le APM-H2, mobilisé pour les transports portuaires.
Ils sont l’aboutissement de huit années de recherche, notamment avec le CEA et son laboratoire consacré aux énergies durables, le LITEN.
Partenariats avec Faurecia et Blue Solutions
Fondé en 1880, Gaussin avait doublé de poids cet été suite à sa récente acquisition de Metalliance : il compte désormais 200 salariés pour un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros. Afin de s'inscrire dans la transition énergétique et d'aider le transport lourd à faire sa mutation, il a fait alliance avec l'équipementier automobile Faurecia, qui fournit les réservoirs à hydrogène de ces véhicules. Le jour même, ce dernier a d'ailleurs inauguré son centre d’expertise mondial consacré aux systèmes de stockage à hydrogène à Bavans (Doubs).

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L’ATM-H2 dispose d’une capacité de traction de 38 tonnes grâce à une pile à combustible de 15 kW renforcée par une batterie lithium-ion-fer-phosphate d’une puissance de 100 kW. Son grand frère l’APM-H2 peut tracter 75 tonnes et disposera quant à lui d’une pile à combustible de 30 kW soutenue par une batterie lithium-métal-polymère d’une puissance entre 200 et 250 kW. Les batteries sont fournies par l’entreprise du groupe Bolloré, Blue Solutions. Gaussin n’a pas donné de précisions sur ses fournisseurs de piles à combustible, situés à travers le monde. Les véhicules devraient respectivement être commercialisés en mars et juin 2021.

Un futur institut national pour stocker l'hydrogène
A quelques kilomètres de l'usine Gaussin, s'érigera par ailleurs en 2021 sur l'Aéroparc de Fontaine (Territoire de Belfort) le futur Institut National du Stockage de l’Hydrogène (Isthy). Porté par Rougeot Energie, filiale du groupe de BTP éponyme, ce projet permettra aux constructeurs de la filière hydrogène d’accélérer considérablement les tests de sécurité réalisés sur les réservoirs (mise sous pression, tir à balle réelle, incendie, kilométrage, etc.).
En route vers la voiture autonome
Bien que pouvant être conduits, les véhicules de Gaussin sont prévus pour être totalement autonomes grâce à la combinaison de la technologie GPS (croisement de données de 5 GPS) et capteurs de différentes natures : lidar, ultrasonique, radar, camera. A la clé, une précision jusqu’à de 3 cm.
Deux modèles, puis tous en version hydrogène pour 2021
Gaussin table sur l'assemblage à Héricourt (la production de 20% de leurs composants étant réalisée par Metalliance, les autres pièces étant produites par des partenaires) de 200 000 véhicules sur les dix prochaines années avec des clients dont pourraient faire partie Amazon ou UPS. Après l'ATM et l'APM, l'industriel français prévoit de décliner la totalité de ses véhicules en version hydrogène d'ici le second semestre 2021. L'entreprise vise dans un premier temps l'Europe et les Etats-Unis, ces derniers disposant selon Gaussin d’un marché très mature en termes d’installation de rechargement de l’hydrogène.



