Air Liquide a donc résisté à l’an 1 de la pandémie. Benoît Potier, le PDG, se félicite même "d’une année remarquable et de résultats exceptionnels dans ce contexte". En particulier en raison d’une production industrielle mondiale qui "a chuté de 5%, ce qui est rarissime".
En 2020, le groupe français a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires de 6,5%, à 20,48 milliards d’euros, qui se limite à un recul de 1,3% à données comparables, hors effets de change et de prix de l’énergie. Surtout, Air Liquide est parvenu à augmenter sa marge opérationnelle, passée de 17,3% à 18,5%, et décrite comme un record historique pour le groupe. Une performance combinée via des mesures d’efficacité, qui ont généré des gains de 441 millions d’euros en 2020, des cessions comme Schülke, sa division hygiène et désinfection, et un plan d’ajustement des coûts face à la crise sanitaire. Le résultat net a de son côté augmenté de 8,6% en un an, à 2,43 milliards d’euros.
Accélération sur les besoins en transition énergétique

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Selon Air Liquide, la crise sanitaire a entraîné une accélération de trois grandes tendances, sur lesquelles le groupe assure être très bien positionné. En premier lieu, Benoît Potier souligne la "transition énergétique en phase d’accélération. Nous y engageons des investissements significatifs, comme le démarrage du plus grand électrolyseur à membranes au monde, de 20 MW, pour la production d’hydrogène renouvelable". Lequel a démarré fin 2020 sur le site d’Air Liquide à Bécancour, au Québec. Outre l’hydrogène, les projets et besoins de biométhane et de capture de CO2 sont aussi des domaines clés pour la croissance.
Autre grande tendance ciblée par le groupe, la santé, portée par le digital et son "potentiel énorme", selon le PDG, notamment avec le développement de la télémédecine, un secteur bien aidé par la pandémie en 2020. Enfin, Air Liquide mise sur les nouvelles hautes technologies, avec le numérique pour encore plus digitaliser ses activités, mais aussi avec les marchés de l’électronique, de la cryogénie profonde, du spatial et même du quantique.
Investissements en hausse
Malgré la crise, Air Liquide accroît ainsi ses investissements. Le groupe a relevé à 3,1 milliards d’euros, contre 2,9 milliards, ses opportunités d’investissements prises en considération pour les 12 prochains mois, dont 44% dans le domaine de la transition énergétique. En 2020, ses décisions d’investissement ont légèrement fléchi, à 3 milliards d’euros contre 3,2 milliards en 2019, mais les investissements en cours sont passés de 2,8 à 3,1 milliards d’euros entre 2019 et 2020.
Pour cette année 2021, le groupe français table sur un premier semestre encore affecté par la pandémie de Covid-19. Air Liquide envisage toutefois une reprise à partir du second semestre.



