Les trois scénarios de GazelEnergie pour la reconversion de la centrale charbon de Saint-Avold

GazelEnergie a présenté le 18 juillet les trois options qu’il envisage pour reconvertir la centrale au charbon de Saint-Avold (Moselle). L’énergéticien, filiale du groupe tchèque EPH, espère une réponse des pouvoirs publics d’ici la fin de l'année 2024. 72 emplois sont en jeu.

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Centrale au charbon de Saint-Avold (Moselle) Gazel Energie
La centrale thermique au charbon de Saint-Avold a fonctionné 1200 heures lors de l’hiver 2022-2023 et 150 heures lors de l’hiver 2023-2024.

Alors que la centrale thermique au charbon de Saint-Avold (Moselle) devrait encore fonctionner un dernier hiver, son exploitant, GazelEnergie, planche sur son avenir à moyen terme. Cette filiale du groupe tchèque EPH (propriété de Daniel Kretinsky) a présenté ce 18 juillet plusieurs scénarios qui permettraient de maintenir ses 72 emplois tout en conservant une activité de production d’électricité.

«La centrale Emile Huchet a joué un rôle essentiel dans l’équilibre du réseau électrique français ces deux dernières années. Nous avons trois propositions de valeur qui permettraient de maintenir ses installations en service», souligne Frédéric Faroche, le président de Gazel Energie.

L’énergéticien qui emploie au total 500 personnes (chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros en 2023) envisage tout d’abord une conversion partielle de la centrale à la biomasse. Le projet ne serait pas de remplacer la totalité du charbon par de la biomasse, mais de substituer la moitié du minerai par des pellets à haut pouvoir calorifique ou "black-pellets". Ce projet, moitié charbon, moitié biomasse, impliquerait un investissement de 100 millions d’euros pour adapter les installations existantes, ce qui réduirait considérablement la facture par rapport à une conversion complète estimée à plus d’un milliard d’euros.

Cette offre transitoire - la centrale fonctionnerait pendant une durée limitée à dix ans - pourrait toutefois se heurter à la stratégie des pouvoirs publics.  Dans une allocution du 24 septembre 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, avait promis de sortir du charbon à l’horizon 2027 en convertissant à la biomasse les deux dernières centrales au charbon, celle de Saint-Avold et celle de Cordemais (Loire-Atlantique).

Dans ce contexte, deux autres options sont sur la table. GazelEnergie envisage en effet la conversion d’Emile Huchet en centrale de production d’électricité à partir de biogaz. «Il s’agirait de convertir le couple chaudière-turbine en remplaçant les brûleurs au charbon par des brûleurs au gaz», détaille Jérôme Ladrière, le directeur du développement de GazelEnergie. L’installation de 540 mégawatts nécessiterait un investissement de 110 millions d’euros ; avec un mégawatheure électrique émettant moins de 535 kg de CO2. Autre alternative, la construction d’une centrale au biogaz entièrement neuve. Le projet représenterait un investissement bien plus conséquent, de 500 millions à 1,2 milliard d’euros, pour une puissance maximum de 900 mégawatts.

Pour Camille Jaffrelo, directrice des affaires publiques de GazelEnergie, «la question est de savoir quelle place donne-t-on sur le réseau électrique français à des actifs assurantiels comme celui Saint-Avold dont la vocation est de tourner quelques centaines d’heures par an, lors de pics de consommation hivernaux». Après avoir fonctionné 1200 heures lors de sa première remise en service, en raison d’un hiver rigoureux et de l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire français, la centrale Emile Huchet a tourné 150 heures lors de l’hiver 2023-2024, plus doux.

GazelEnergie espère une réponse de l’Etat sur ses trois scénarios d’ici la fin de l’année 2024, afin de donner des perspectives aux 72 employés de la centrale, alors que les contrats de 40 d’entre eux s’arrêteront au 31 mars 2025.

Des électrolyseurs en 2027-2028

En parallèle, l’énergéticien a évoqué l’avancée de son projet de production d’hydrogène bas carbone à Saint-Avold en vue de décarboner la sidérurgie allemande. La demande d’autorisation environnementale et d’exploitation doit être déposée dans le courant du mois de juillet et la demande de permis de construire dans le courant du mois d’août. Une première tranche de 200MW pourrait être mise en service en 2027-2028, une seconde de 200MW à l’horizon 2030, pour un total de 780 millions d’euros d’investissement, avec 200 emplois à la clé. «Nous disposons du foncier, des infrastructures électriques, et le futur pipe-line hydrogène en cours de réalisation par GRTgaz passera sur notre site», insiste Romain Deshayes, responsable du développement commercial. La balle est désormais dans le camp du sidérurgique allemand SHS (Stahl Holding Saar) qui examine actuellement l’offre de l’énergéticien et celle de son concurrent de Verso Energy qui porte un projet similaire sur la même plateforme de Carling-Saint-Avold.

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