Le secteur du transport routier est très affecté par les grèves dans les raffineries de TotalEnergies et Esso-ExxonMobil, selon les organisations patronales. «La situation est très délicate. Énormément de stations-service sont à sec, et les conducteurs perdent beaucoup de temps à chercher celles qui sont approvisionnées», affirme à L'Usine Nouvelle Samuel Neufville, délégué régional Normandie à la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR). Le même constat est fait par plusieurs représentants en régions, comme Caroline Caire, secrétaire générale de l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) en Champagne-Ardennes : «C’est vraiment la catastrophe, les conducteurs de poids-lourds sont contraints de patienter des heures et des heures, ce qui ralentit les livraisons».
Certaines entreprises sont contraintes de mettre des camions à l’arrêt. « Un adhérent m’a appelé hier pour me dire qu’il était contraint d’arrêter dix camions. Un autre, aujourd’hui, m’a dit qu’il en arrêtait quatre », se lamente Caroline Caire. C’est également le cas en Auvergne-Rhône Alpes, selon Jean-Christophe Gautheron, secrétaire régional à l’OTRE: « Un de nos adhérents a été contraint d’arrêter cinq camions sur 40. »
Des stocks de carburant qui diminuent
Même les entreprises qui disposent d’un stock de cuves de carburant ne sont pas à l’abri, car leurs stocks « durent une semaine maximum » selon Samuel Neufville. De plus, les poids-lourds seraient exclus de certaines stations-service, selon l’OTRE : « Plusieurs stations-service, dont certaines du réseau E.Leclerc, refusent de servir nos poids-lourds » se plaignent Caroline Caire et Jean-Christophe Gautheron. Ce dernier souhaite une intervention de l’Etat. « C’est illégal de refuser de servir les poids-lourds. Il faut que le gouvernement agisse via le réseau préfectoral pour que le carburant soit délivré conformément à la loi. »
Pour Yann Viguié, secrétaire général Île-de-France de l’OTRE, il faut aller encore plus loin. « Il faut qu’on ait des pompes dédiées, et qu’on soit considérés comme un service d’urgence. » La première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé la réquisition des personnels des raffineries lundi 10 octobre au soir, une mesure qu’il faut « rendre effective rapidement » pour Jean-Christophe Gautheron. Yann Viguié se montre plus prudent, mentionnant que « ça fait partie des mesures à prendre » mais que « ça peut aussi être contre-productif ».
Le gouvernement a lancé les mesures de réquisition le mercredi 12 octobre. Entre-temps, le syndicat Force Ouvrière s’est joint à la grève des salariés des raffineries.



