"Les stocks de masques nationaux étaient insuffisants face à l'explosion des besoins", souligne la mission parlementaire sur le Covid-19

La crise sanitaire a "révélé des faiblesses", souligne un rapport d'étape d'une mission d'information parlementaire publié mercredi 3 juin. Une commission d'enquête doit débuter afin d'identifier notamment les raisons de la pénurie en équipements individuels de protection au début de l'épidémie. 

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Masque chirurgical
"Les stocks de masques nationaux étaient insuffisants face à l'explosion des besoins", a souligné Richard Ferrand en préambule de la mission d'information parlementaire.

"Le constat est clair, les stocks de masques nationaux étaient insuffisants face à l'explosion des besoins", a souligné Richard Ferrand en préambule de la mission d'information parlementaire sur l'impact, la gestion et les conséquences de la crise sanitaire, mercredi 3 juin. Devant la conférence des présidents de l'Assemblée nationale, réunie pour la 18e fois depuis début avril, le président de l'Assemblée nationale a indiqué que la crise sanitaire avait mis en lumière plusieurs "faiblesses" du système de santé français.

L'insuffisance des stocks d'équipements protection individuelle

"Cette catastrophe sanitaire a révélé des faiblesses et la première d'entre-elles (…) est l'insuffisance de nos stocks stratégiques d'équipements de protection, et notamment de masques", a souligné Richard Ferrand. Le ministre de la Santé l'a indiqué dès le début de l'épidémie en mars 2020, les stocks disponibles étaient très faibles, "avec 100 millions de masques chirurgicaux et aucun masque FFP2 destinés au personnel soignant", a rappelé le président de l'Assemblée nationale.  

Mettant notamment en cause l'organisme en charge des stocks stratégiques français en équipements de protection individuelle, Santé Publique France (SPF), Richard Ferrand a averti que "la question des stocks stratégiques en équipements individuel de protection et des commandes effectuées par Santé publique France à la demande de l'Etat devront être expertisées plus avant dans le cadre de la suite de nos travaux".  

La dépendance en approvisionnements extérieurs

Autre point d'achoppement selon le président de l'Assemblée nationale, la question de l'approvisionnement en produits pharmaceutiques et en équipements de protection individuelle. La faiblesse de l'appareil productif français en la matière pose la question de "notre dépendance à l'égard de l'extérieur pour les approvisionnements en produits indispensables, qu'il s'agisse de masques, mais aussi en médicaments de réanimation ou encore en réactifs pour les tests de dépistage", a ainsi pointé du doigt Richard Ferrand.

Les carences structurelles du système de santé

Si Richard Ferrand a souligné la solidité du système de santé, qui "a tenu bon face à la vague épidémique", il a dans le même temps indiqué que le point de "rupture a été souvent approché". Par ailleurs, il a rappelé "que la mobilisation exceptionnelle du système hospitalier ne doit pas occulter la situation tendue dans laquelle il se trouvait avant la crise sanitaire", relevant l'insuffisance du premier "plan d'urgence" annoncé début novembre, et appelant à des "réformes structurelles" lors du Segur de la santé organisé jusqu'en juillet.

Richard Ferrand a ensuite soulevé la question de la prévention et du suivi épidémiologique, proposant une réorganisation et un redimensionnement des agences sanitaires et de santé territoriales. Enfin, les missions et l'organisation de Santé publique France devront faire l'objet d'un examen, notamment sur les questions du dépistage, du recensement des malades, et de la mobilisation de la réserve des effectifs médicaux.   

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