Créé en 1998, le Genopole a pour vocation première d'héberger des projets de recherche et des sociétés se focalisant sur la recherche de biothérapies innovantes, à l'aide d'outils de génétique, de génomique, et biologiques. Mais avec l'intérêt croissant pour les biotechnologies industrielles, le Genopole a progressivement pu s'intéresser à d'autres secteurs d'applications. C'est pour faire découvrir les activités en faveur d'une industrie plus durable de ces start-up de biotechnologie que le biocluster a organisé une visite de presse, le 16 décembre 2021. « Nous avons un positionnement unique en matière d'innovation, ce qui nous permet de répondre aux enjeux émergents de relocalisation et de réindustrialisation en France et en Europe », souligne David Beaudet, directeur général du Genopole depuis décembre, en remplacement de Gilles Lasserre. En effet, les biotechnologies peuvent contribuer à la transition des industriels vers une production plus durable. « La biologie de synthèse s'inscrit de plus en plus dans les problématiques environnementales des industries, qui cherchent à produire en utilisant moins de produits issus du pétrole et de manière moins polluante en termes d'émissions d'effluents. Dans ce cadre, notre biocluster dispose de l'expertise nécessaire pour optimiser les micro-organismes dans un environnement contrôlé », détaille Christophe Lanneau, directeur Recherche et Plateformes au Genopole.
Actuellement, le biocluster héberge un écosystème dénombrant 77 entreprises, 26 plateformes techniques et 18 laboratoires. « Les entreprises hébergées au Genopole bénéficient de tout un accompagnement sur plusieurs volets : la recherche, le développement économique et le soutien aux projets d'aménagement » , indique David Bodet. Dans ce cadre, les industries hors santé représentent environ 30 % des activités des entreprises labellisées Genopole : greentech (dépollution), agrotech (pratiques agricoles, nouvelle alimentation, etc.), biotechnologies industrielles (production de biocarburants, de bio-ingrédients, de biomatériaux, de cosmétiques, d'arômes, etc.).
S'appuyer sur la biologie pour la synthèse de composés
Parmi les sociétés hébergées au Genopole, plusieurs sont spécialisées dans la biologie synthétique. Par exemple, la société Abolis Biotechnologies travaille sur le développement de procédés biologiques pour la production de composés chimiques. Fondée en 2014, cette entreprise modifie les voies métaboliques de micro-organismes à l'aide des biotechnologies pour qu'ils puissent produire des molécules d'intérêt. « Nous utilisons différentes souches de levures ou de bactéries en tant que machinerie cellulaire pour la production de molécules de substitution par fermentation de sucres. Ces composés trouvent des applications à haute valeur ajoutée dans la cosmétique, la pharmacie ou encore la nutrition », explique Valérie Brunel, directrice des opérations chez Abolis Biotechnologies.

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Sur le même principe de machinerie cellulaire, Algentech transforme les cellules végétales pour la synthèse de protéines, d'ingrédients à haute valeur ajoutée et d'ARN. « Nous avons un procédé de production durable, n'utilisant que du CO2 et de la lumière. Comme plante modèle, nous avons choisi la lentille d'eau, qui est capable de doubler sa biomasse en 24 heures », précise Isabelle Malcuit, directrice scientifique d'Algentech. Outre l'utilisation d'une espèce végétale propice à la production de masse, l'entreprise opère des modifications génétiques au sein de l'ADN de la plante. « Nous modifions l'ADN de la plante, en y insérant de l'ADN modifié capable de s'auto-amplifier au niveau des chloroplastes. Ce qui permet d'obtenir une teneur en protéines solubles de plus de 50 % dans la cellule », détaille Isabelle Malcuit. À l'aide de ce mode de production, la société est parvenue à synthétiser du squalène utilisé en cosmétique, ou comme adjuvant de vaccins, qui provient habituellement du foie de requin.
S'orienter vers une industrie textile plus durable
Parmi les secteurs ayant un fort impact sur l'environnement, nous retrouvons l'industrie textile, forte consommatrice d'eau et de produits chimiques issus du pétrole. Dans ce cadre, la start-up Everdye développe un procédé de teinture de tissus permettant de réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à un procédé traditionnel. « Notre technologie permet de teindre cinq fois plus vite avec quinze fois moins de produits chimiques. Pour y parvenir, nous procédons à un prétraitement (blanchiment) de la fibre textile à l'aide de nanocellulose chargée négativement, avant de la teindre à l'aide d'un colorant sous forme de nanoparticules chargées positivement, qui est issu de ressources végétales, animales ou microalgales », explique Ilan Palacci, p-dg d'Everdye. Avant de souligner : « Notre solution de teinture s'adapte tout à fait aux infrastructures existantes, il suffit juste de changer les solutions des bains de trempage des textiles avec nos teintures ».
Dans le même domaine, la société Synovance a développé des colorants pour textile produits par fermentation. Ainsi, l'entreprise, créée en 2017, a pu produire des alternatives durables à la teinture bleu indigo utilisée pour colorer les jeans. En effet, la fabrication de cette teinture est à l'origine de la coproduction d'aniline, un composé toxique pour l'environnement. « Nous utilisons des sucres alimentaires ou issus de déchets lignocellulosiques comme des drêches de brasserie. Pour fabriquer le bleu indigo, nous avons modifié génétiquement une bactérie, Escherichia coli, pour qu'elle soit dotée de la voie de synthèse du colorant », explique Efthimia Lioliou, directrice des opérations de Synovance. Outre son bleu indigo, la société travaille actuellement sur le développement de colorant rouge pour la cosmétique. « Notre plateforme technologique pourrait également servir à la production d'autres composés chimiques pour les secteurs pharmaceutiques ou alimentaires », indique Olivier Fouques, associé de l'entreprise Synovance.
Contrôler les rejets industriels
Le Genopole héberge également des sociétés ayant développé des méthodes et technologies d'évaluation de différents paramètres environnementaux. Par exemple, la société Watchfrog propose de mesurer les effets de perturbation endocrinienne dans les effluents industriels.
« Nous nous appuyons sur des essais de fluorescence sur des embryons de vertébrés aquatiques. Les deux modèles - à savoir des alevins de poissons medaka et des larves de xénope - permettent de mesurer l'effet néfaste et pathologique de perturbation hormonale, respectivement androgénique/œstrogénique et thyroïdienne », détaille Grégory Lemkine, président fondateur de Watchfrog. Avant de souligner : « Il s'agit d'un test reconnu au niveau international, qui ouvre la voie à une évaluation éthique de la perturbation endocrinienne dans le cadre de la législation européenne ». Les prestations du laboratoire Watchfrog s'adressent notamment aux industriels obligés de fournir des données d'écotoxicité : biocides, phytosanitaires, cosmétiques, etc.
Des outils pour favoriser l'agriculture raisonnée
Dernier exemple avec la société Anova qui a développé des tests diagnostiques basés sur la biologie moléculaire, à destination du secteur de l'agro-industrie. Se présentant sous la forme de kits de terrain, ces essais de détection d'ADN/ARN permettent la détection rapide de pathogènes dans les cultures agricoles. Ces kits, combinés à une base de données associant différents paramètres tels que le climat, la génétique et la localisation géographique, permettent à l'agriculteur d'être ainsi en mesure d'évaluer le risque de pertes et de connaître le niveau de résistance des pathogènes aux produits phytosanitaires. « Notre activité s'inscrit dans le développement d'une agriculture raisonnée. Nous donnons à l'agriculteur les moyens d'identifier et d'évaluer la menace pathogène qui pèse sur ses propres cultures. Il a rapidement les cartes en main pour définir finement son plan d'action et réduire son impact environnemental » , déclare Marc Masson, p-dg d'Anova Plus.
En accueillant toutes ces start-up innovantes, le Genopole confirme sa position en tant que lieu de référence des biotechnologies. Au-delà des applications autour de la santé, l'industrie durable constitue un axe de plus en plus important pour le biocluster, pour lequel il a déployé un accompagnement spécifique et même des installations de R&D et d'industrialisation. Un contexte favorable qui devrait encore attirer d'autres sociétés de biotechnologie à l'avenir.
LE PROGRAMME D'ACCOMPAGNEMENT DU GENOPOLE
Le biocluster Genopole constitue un lieu privilégié pour la croissance des start-up dans le domaine de la biologie synthétique industrielle, offrant une aide sur plusieurs volets :
- sur le plan économique : le Genopole propose différents programmes d'accompagnement. Par exemple, le programme Gene I.O. accompagne les start-up durant un an afin qu'elles puissent réussir une levée de fonds ou décrocher un accord commercial. En outre, le Genopole a déployé l'initiative Invest4Biotech qui offre l'opportunité aux entreprises de rencontrer des investisseurs attirés par les biotechnologies. Enfin, le Genopole facilite la visibilité des sociétés au travers de son programme Partner4Biotech qui permet de mettre en relation start-up et grands groupes industriels en vue de faire connaître les innovations de leurs secteurs.
- sur le plan technologique : le Genopole contribue également au développement des innovations des start-up en donnant accès à des plateaux techniques et des laboratoires. De plus, le biocluster va déployer, à l'horizon 2023, une biofonderie en vue de la préindustrialisation d'outils biologiques destinés à la fermentation de précision. Elle regroupera des équipes de recherche académiques et industrielles autour de la production automatisée d'organismes optimisés génétiquement. À cela s'ajoute l'ouverture d'un espace de prototypage au sein du Foodlab du biocluster, en vue du développement de protéines alimentaires alternatives.



