C'est une nouvelle page qui se tourne pour l'usine Bosch Rodez. A l'occasion d'un référendum organisé le 3 décembre par l'intersyndicale, une très large majorité des salariés de l'usine Bosch de Rodez (plus de 86% des voix exprimées) s'est prononcée en faveur de la signature d'un accord d'entreprise. A la clé : une refonte en profondeur du site industriel.
A l'issue d'un long bras de fer entre syndicats et direction, la signature de cet accord de transition, qui devrait être concrétisée jeudi 9 décembre, va sceller les grandes lignes d'une reconversion partielle d'un site dédié jusqu'à présent à la fabrication quasi-exclusive de composants pour moteurs diesel. Au programme : l'arrêt dès 2023 d'une des deux lignes d'injecteurs, puis l'arrêt de la fabrication des buses et le coup d'envoi attendu de nouvelles productions. Il s'agit donc bien d'acter à la fois une diversification du site avec une sortie progressive du diesel, mais aussi la suppression de 750 postes sur un effectif de quelque 1 250 salariés.
Cap sur l'hydrogène
Dans le cadre du projet Fresh2, le site de Rodez se prépare à industrialiser une solution basée sur une pile à combustible pour alimenter en énergie les groupes de froid de remorques frigorifiques. Un premier démonstrateur a été développé. Toutefois, la phase d'industrialisation en série n'est attendue qu'à horizon 2025. Un calendrier qui inquiète certains salariés et représentants syndicaux et qui a conduit la CGT à émettre plus que des réserves sur la capacité du projet à assurer l'emploi industriel sur le site. C'était avant l'organisation du référendum. « La démocratie a parlé et nous signerons donc cet accord », a précisé à L'Usine Nouvelle Stéphane Pech, délégué syndical CGT du site de Rodez.
Reste maintenant à accompagner le volet social du projet. La direction du groupe Bosch avait annoncé dès mars 2021 sa décision de ramener l'effectif du site de Rodez à 500 postes d'ici à fin 2025. Cette décision est assortie d'un engagement de maintenir ce niveau d'emploi jusqu'à fin 2028 (au lieu de fin 2027 comme initialement évoqué), mais aussi de l'objectif d'éviter les licenciements par la mise en œuvre d'un plan de départ volontaire autonome. « L'enjeu de l'accord est bien de pérenniser le site de Rodez et d'éviter les départs contraints », souligne Christophe Arjona, coordinateur syndical CFDT pour Bosch France. Le nouvel accord devrait entrer en application à partir de janvier 2022.



