C'est une "déclaration de guerre d'une ampleur historique" pour le puissant syndicat IG Metall. La menace de fermetures d'usines Volkswagen en Allemagne se précise, plongeant le pays sous le choc. «Ces plans brutaux du directoire ne sont en aucun cas acceptables et constituent une rupture avec tout ce que nous avons vécu dans l'entreprise au cours des dernières décennies», fustige Thorsten Gröger, négociateur du syndicat allemand IG Metall, dans un communiqué. Cause de l’ire du syndicat : le constructeur automobile allemand pourrait fermer au moins trois usines, réduire la taille des sept autres, et ainsi supprimer des «dizaines de milliers d'emplois» en Allemagne, selon une déclaration de Daniela Cavallo, la présidente du comité d'entreprise du groupe, ce lundi 28 octobre.
La présidente du comité d’entreprise du groupe a menacé la direction et le conseil d’administration du groupe d’une rupture des discussions, alors que se tient mercredi 30 octobre la prochaine réunion entre la direction et les représentants des salariés(c'est aussi le jour de la présentation des résultats trimestriels du groupe). «Si Volkswagen confirme mercredi son projet, le conseil d'administration devra s'attendre aux conséquences correspondantes de notre part», martèle de son côté le syndicaliste Thorsten Gröger. Le président du comité général d'entreprise de Volkswagen de Saxe, Uwe Kunstmann, agite déjà la menace d’un «hiver chaud», avec un «déplacement vers les portes de l’usine» de Zwickau dès le 1er décembre, rapporte le mensuel Merkur.
La chancellerie allemande met en garde, elle, le constructeur contre une réduction des effectifs. «La position du chancelier est claire, à savoir que les salariés ne doivent pas subir l'impact d'éventuelles mauvaises décisions prises par la direction dans le passé et que la priorité doit être à présent de préserver les emplois», a indiqué le porte-parole Wolfgang Büchner.
Des coûts d’usine 25 à 50% plus élevés que prévu selon la direction
Si la direction et les salariés s’accordent sur les difficultés financières du groupe, leur désaccord se révèle patent sur le remède à adopter. Daniela Cavallo réclame une «stratégie pour la future gamme de produits» et des «idées sur la manière dont nous allons reprendre le leadership technologique».

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La direction de Volkswagen insiste sur la nécessité de diminuer les coûts de production en Allemagne. Bien qu’elle n’ait pas commenté directement les annonces de ce 28 octobre, elle a rappelé cet objectif. «Nous ne pouvons pas continuer comme avant», a déclaré ld directeur général de Volkswagen Thomas Schäfer, selon un communiqué transmis à l’hebdomadaire Die Zeit. «Nous ne sommes pas assez productifs sur nos sites allemands et nos coûts de production sont actuellement de 25 à 50% plus élevés qu'attendu. Cela signifie que les usines allemandes coûtent deux fois plus cher que certaines de la concurrence.»
Le groupe, deuxième constructeur automobile mondial, entend au total économiser 4 milliards d'euros, selon le quotidien économique Handelsblatt. L’entreprise espère toujours retrouver un taux de marge opérationnelle de 6,5% d’ici 2026. Celle-ci s'est écroulée à 3,5% début 2024, moitié moins qu'en 2023.
Délocalisation possible d’une partie des activités du constructeur automobile
La direction chercherait, en sus des fermetures de sites, à «délocaliser des services et des secteurs entiers à l'étranger ou les confier à l'extérieur», selon un communiqué du syndicat IG Metall. Les salariés restants devraient également subir une coupe de salaire de 10%, ainsi que renoncer à une indemnité mensuelle de 167 euros actuellement prévue par la convention collective, toujours selon IG Metall. Les négociations collectives, visant à fixer l’évolution des rémunérations, seraient également gelées sur 2025 et 2026.
Subissant notamment de plein fouet la chute de la demande chinoise, le constructeur avait déjà annoncé en septembre ne pas exclure de licenciements et souhaiter mettre fin à sa garantie d’emploi après 2029, en place depuis plus de trois décennies. Pour mémoire, l’industriel emploie environ 120 000 personnes outre-Rhin, où il compte dix usines.



