La chute sans fin de l’industrie automobile allemande se poursuit. Après la décision en août de ZF, principal équipementier automobile, de supprimer un quart de ses effectifs outre-Rhin, c’est au tour du géant Volkswagen de vaciller. Le premier constructeur européen n’exclut plus de licenciements et veut mettre fin après 2029 à la garantie d'emploi en vigueur depuis trois décennies. Pire encore : des fermetures de sites pourraient être envisagées en Allemagne. «Il nous manque les ventes d'environ 500000 voitures par an, cela représente environ deux usines», a calculé Arno Antlitz, son directeur financier.
Deux jours après ce coup de tonnerre, les spéculations vont bon train pour savoir lesquels de ces sites pourraient être concernés. A l’heure actuelle, le groupe possède dix usines allemandes, pour 110000 salariés au total, dont la principale est à Wolfsburg en Basse-Saxe avec 60500 employés, suivie par Cassel-Baunatal (16500 personnes) dans la Hesse et par Hanovre (14200 salariés), capitale de la Basse-Saxe. «Une fermeture est inévitable, mais cela ne se fera pas en Basse-Saxe», analyse Ferdinand Dudenhöffer, expert automobile et directeur du cabinet privé Automotive Research (CAR) de Bochum. Le Land détient en effet 20% des actions de VW, qui lui ont rapporté 533 millions d'euros de dividendes pour l'exercice précédent, et son ministre-président Stephan Weil (SPD) siège au conseil de surveillance. A l’inverse, les usines de Zwickau et de Dresde, dans l’Est du pays, pourraient se retrouver sur la liste noire.
Un possible retour à la semaine de quatre jours
Du fait de cette structure très particulière et de l’étroite imbrication entre l’entreprise et le tissu économique et social des territoires, de nombreuses personnalités politiques sont montées au créneau, à commencer par le chancelier Olaf Scholz qui s’est entretenu avec les présidents des comités d'entreprise et les membres du conseil de surveillance. Mais il n’est pas question à ce stade que l’Etat intervienne directement dans le sauvetage de VW.
Stephan Weil a suggéré pour sa part que le groupe repasse à la semaine de quatre jours, comme cela avait été le cas en 1993 lors d'une grave crise des ventes. Cela avait permis d'éviter la suppression de 30 000 postes. La présidente du syndicat IG Metall, Christiane Benner, s'est également montrée ouverte à cette proposition, qui n’a pas encore été commentée par la direction de VW.

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De son côté, le ministre allemand du Travail, Hubertus Heil, a annoncé que le gouvernement fédéral allait «donner une impulsion à l'électromobilité», sans en préciser la nature. Rappelons toutefois qu’en décembre dernier, la prime gouvernementale de 4500 euros pour l’achat d’un véhicule électrique a été annulée quasiment du jour au lendemain, donnant un coup d’arrêt net au marché de l’électrique.
«La politique ne devrait pas s'immiscer dans la restructuration de Volkswagen et commettre l'erreur de cimenter les anciennes structures en entravant la transformation nécessaire», a tranché Marcel Fratzscher, président de l’Institut allemand d'études économiques (DIW) à Berlin. Car bien que VW ait été l’un des premiers constructeurs allemands à se lancer dans l’électrique, toutefois bien après d’autres groupes européens et mondiaux, ses véhicules restent boudés pour les consommateurs. «Il y a eu des erreurs de stratégie: il manque des modèles d’entrée de gamme dans l’électrique et Volkswagen a négligé l’hybride», s’est insurgée Daniela Cavallo, présidente du puissance comité d’entreprise, qui s’est dit prête à une résistance acharnée pour éviter toute fermeture d’usine en Allemagne.



