Les producteurs français pourront bientôt bénéficier du label de commerce équitable Max Havelaar

Le label de commerce équitable Max Havelaar s'ouvre aux producteurs français. La démarche sera territorialisée et concernera, dans un premier temps, les producteurs de lait et de blé du Gers et de Poitou-Charentes.

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Blé Russie
La filière blé française pourra bénéficier du label Max Havelaar.

Alors que la question de la juste rémunération des producteurs revient sur le devant de la scène avec les propositions de modifier la loi Egalim, les exploitations françaises de blé et de lait pourront bientôt bénéficier du label équitable Max Havelaar. A l'occasion de la quinzaine du commerce équitable qui se tient du 8 au 23 mai 2021, la fameuse certification Fairtrade fondée aux Pays-Bas en 1988 a annoncé l'ouverture de son label aux producteurs français.

L'objectif ? "Débloquer certaines impasses économiques en impliquant les consommateurs", explique Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France en rappelant que "30,1% des exploitations en céréales et grandes cultures françaises, 21,5% en polyculture élevage et 14,9% des exploitations en production de bovins (dont lait) étaient déficitaires en 2017".

Adapter le cahier des charges

La certification, jusqu'alors réservée aux producteurs des pays du Sud, a adapté son cahier des charges pour répondre aux problématiques hexagonales. "Contrairement à ce que l'on pense, nous avons observé beaucoup de similitudes entre les situations des producteurs du Nord et du Sud. Toutefois, nous avons adapté notre méthode de calcul du prix", précise Blaise Desbordes. Alors que dans le Sud, il est déterminé par pays, en France, Max Havelaar propose de la calculer par région "pour mieux répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire", explique le responsable.

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Tous les territoires ne sont pas éligibles à la certification. "Cela va dépendre de la situation économique et de la déprise des territoires", annonce l'organisation. Résultat: certaines régions comme la Beauce pour les céréales ou la Bretagne ne peuvent pas obtenir de labellisation. A l'inverse, la certification s'ouvre d'ores et déjà aux producteurs de blé du Gers et Poitou-Charentes. Dans ce département, les exploitations laitières peuvent également postuler. "Dans le Gers, deux tiers des exploitations de céréales n'arrivent pas à couvrir leurs coûts de production. En Poitou-Charente, le revenu moyen est inférieur au Smic", se justifie le responsable.

La prime collective de développement, qui, dans le Sud, sert à financer des projets d'infrastructure sera, en France, utilisée pour accompagner la transition agroécologique des acteurs.

Un prix fixé selon les départements

Le prix payé aux producteurs sera déterminé selon les caractéristiques chacune des régions éligibles. "Plusieurs critères sont pris en compte comme le revenu moyen, l'infrastructure économique ou le rendement de sols", détaille Blaise Desbordes.

Dans le Gers, le prix proposé aux producteurs de blé labellisés Max Havelaar sera donc de 242 euros la tonne, auxquels s'ajoutent 12 euros de prime de développement contre 151 euros reçus sur le cinq dernières années. Les producteurs de lait de Poitou-Charente recevront 41,5 cents le litre contre une moyenne de 33 cents reçus sur les précédentes années. "A terme, d'autres filières pourront également être ouvertes", annonce d'ores et déjà l'ONG.

Des audits seront menés par un tiers indépendant pour vérifier le respect du cahier des charges. "Trois évaluations seront faites: auprès du paysan pour vérifier que son exploitation respecte les critères FairTrade, auprès de la coopérative qui achète le produit et auprès du transformateur", explique Blaise Desbordes. 

Mieux rémunérer les producteurs

Les premiers produits Fairtrade incorporant des ingrédients français devraient être commercialisés d'ici la fin 2021. Le label vise d'abord des biscuits et des produits ultra frais associant à la fois des ingrédients certifiés du sud comme le chocolat ou les noix de pécan et des éléments des nouvelles filières. "Nous avons utilisé les leçons de nos filières historiques pour créer ce nouveau cahier des charges adapté à la France, en dialoguant avec les producteurs. Alors que tout le monde parle de garantir un prix juste, transparent et supérieur aux coûts de production à l’agriculteur, nous le proposons aujourd’hui concrètement", se targue Blaise Desbordes. 

Un message qui n'est pas sans rappeler les discussions autour de la modification de la loi Egalim proposée fin avril par le député Besson-Moreau. L'initiative de Max Havelaar recevra d'ailleurs le soutien d'un autre député de la majorité Jean Baptiste Moreau."L'arrivée de notre certification est un complément à un dispositif législatif qui évolue", observe Blaise Desbordes.

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