Les voitures électriques à 100 euros par mois promises par Emmanuel Macron n'arriveront pas avant 2024

C’est au printemps ou à l’été 2023 que les premières commandes pour le leasing de véhicules électriques proposé par Emmanuel Macron devraient être lancées. En mars, le chef de l’Etat avait indiqué vouloir proposer 100 000 véhicules à moins de 100 euros par mois.

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PEUGEOT e 208 électrique
Peugeot veut aussi propose une offre de leasing « abordable » à 150 euros par mois.

La mesure qui est déjà surnommée le « leasing Macron » ne sera pas mise en œuvre tout de suite. Dans une interview accordée aux Echos, en amont de l’ouverture du Mondial de l’Auto, le président de la République Emmanuel Macron a précisé que le gouvernement était en train «d'en définir le calendrier, pour permettre de déployer le dispositif en parallèle de l'augmentation de la production en France». «Des précommandes se feront à l'horizon du second semestre 2023, pour une livraison début 2024», a-t-il ajouté. Un calendrier confirmé lors de sa visite au Mondial de l'automobile ce 17 octobre, où il a rappelé que des « précommandes » étaient prévues « au printemps-été 2023 ».

100 000 véhicules pour 100 euros par moistruncate

Dans son projet présenté en mars, le président (alors candidat à sa succession) indiquait vouloir proposer une offre de location de 100 000 véhicules électriques pour moins de 100 euros par mois grâce aux aides de l’État et en faisant appel à des partenaires privés. Des mensualités nettement inférieures aux offres actuellement sur le marché, même si les constructeurs cherchent à en réduire les montants. Peugeot propose un leasing à 150 euros par mois pour sa 208 électrique, permettant de parcourir sans surcoût 500 kilomètres par mois.

Lors d’une table-ronde avec la presse, le directeur général de Stellantis Carlos Tavares a salué «une mesure intelligente». Le patron a toutefois évoqué des sommes différentes de celles du gouvernement… «Entre 120 et 150 euros par mois, il y un terrain pour qu’avec la contribution de l’État et celle du constructeur nous puissions trouver une solution intéressante pour les classes moyennes», a estimé Carlos Tavares, en rappelant que Stellantis disposait d'entités financières performantes.

L'implication des deux grands constructeurs français dans le leasing social reste à préciser. Difficile toutefois de ne pas remarquer que le calendrier de la mesure correspond à celui du lancement de la future R5 électrique de Renault, une voiture qui sera fabriquée en France et promise à un prix « très compétitif ».

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Le défi de la voiture électrique abordable

«Le leasing est une offre qui commence à connaître du succès et que l’on imagine étendre à d’autres périodes [que les 24 mois de location actuels, ndlr] et d’autres véhicules», a assuré Linda Jackson, en charge de la marque Peugeot, lors d’une conférence de presse pendant le Mondial de l’Auto. La directrice générale de la marque au Lion reconnaît toutefois que « tous les constructeurs ont du mal à trouver une solution pour trouver une petite voiture électrique abordable ».

Et ce, d’autant plus que les constructeurs automobiles européens se sont recentrés sur une stratégie de valeur qu’incarne parfaitement Stellantis avec sa logique de pricing power. Ce qui les pousse à délaisser les segments les plus abordables du marché, à l’image des petits véhicules de segment A et B. Des marchés sur lesquels les constructeurs chinois, présents en force au salon de l’automobile parisien, pourraient être tentés de se positionner pour entrer sur le marché européen.

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