Les laiteries françaises ne veulent plus des briques «premier prix» vendues à moins d'un euro

A l’occasion de sa conférence de presse annuelle ce 15 mai, Syndilait, qui représente les industriels français fabricants de lait liquide, a insisté sur les besoins d’investissements colossaux de ses adhérents, opportunément chiffrés à 1 milliard d’euros d’ici à 2030. L’association somme d’en finir avec les briques de lait «premier prix», vendues moins d’un euro.

Réservé aux abonnés
Ligne de briques, Laiterie Saint-Père
Syndilait représente la majorité des producteurs de lait liquide en France.

Acteurs du lait recherchent briques. Syndilait, qui représente 26 de la trentaine de laiteries françaises productrices des bouteilles et briques UHT, a insisté sur les besoins d’investissements colossaux pour ses adhérents à l’occasion d’une conférence de presse le 15 mai.

L’association estime qu’il lui faudra 1 milliard d’euros d'ici à la fin de la décennie pour renouveler les outils de ses adhérents ou décarboner leur production, via les emballages ou leur approvisionnement en énergie (avec des chaudières biomasse par exemple). Sodiaal, représenté dans l’association pour sa marque Candia, indique que les lignes de ses quatre laiteries dédiées au UHT ont une moyenne d’âge supérieure à dix ans.

Moins d'un euros la brique, c'est non

Pour subvenir à ces besoins de financement, alors que le marché du lait liquide pèse 2,8 milliards d’euros en France, Syndilait a une idée toute trouvée : ne plus vendre des briques de lait «premier prix» en dessous d’un euro. Soit 6 centimes de plus que la moyenne actuelle, d’après l’association. Les «premier prix» pèsent aujourd’hui un quart des ventes de lait UHT. Les marques distributeurs «classiques», qui représentent 40% des ventes en rayons, ont un prix de vente moyen plus élevé, autour de 1,06€ actuellement. Les marques nationales ferment la marche, avec un tiers du marché et un prix de vente moyen autour de 1,20€. Les industriels de Syndilait fournissent tous ces trois catégories. 

L’enjeu est donc de faire diminuer la catégorie des «premier prix» ou d’en faire monter le prix. Car si les prix ont largement progressé ces dernières années, permettant aux éleveurs (en premier lieu) et aux industriels de sortir les trésoreries de la zone rouge, la filière estime qu’elle ne peut pas vivre correctement, et investir, avec un "premier prix" à 94 centimes. «Il n’y a pas de différence entre le premier prix et la marque de distributeur "classique", c’est le même lait, détaille Romain Deurbergue, président de Syndilait. Le seul changement, c'est unbouchon qui coûte deux centimes». Donc, sur les "premier prix", industriels et distributeurs compressent les marges au maximum.

Difficile de réduire la part de marché des "premier prix"

Celui qui est par ailleurs directeur général de Candia se montre peu optimiste sur la capacité des industriels à faire évoluer l'équilibre entre les catégories en rayon, et donc faire diminuer la part de «premier prix». Pour lui le salut passe par une augmentation de prix… globale. «Tout le monde se tient, glisse-t-il. Si l’on veut faire augmenter les premiers prix, il faut commencer par faire augmenter le haut du rayon, la marque.» De quoi augurer de chaudes discussions avec les clients de la distribution.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs