A Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Les Chantiers de l’Atlantique vont investir 40 à 50 millions d’euros pour accompagner la construction de la coque du porte-avions de nouvelle génération (PANG) devant succéder au Charles de Gaulle en 2038. Le programme comprend des bâtiments tertiaires devant accueillir 500 salariés du bureau d’études dont l’effectif sera considérablement renforcé.
Dans son ensemble, le navire mobilisera près de 2000 salariés des Chantiers de l’Atlantique et un nombre équivalent chez les sous-traitants. Il s’agit également d’acquérir des équipements pour travailler des tôles plus épaisses que celles des paquebots. Ces investissements s’ajoutent à un volet de 100 millions d’euros récemment annoncé par les Chantiers de l’Atlantique pour l’activité énergies marines renouvelables.
«Nous tiendrons les prix et les délais»
«Nous tiendrons les prix que nous proposerons à la Direction générale de l’armement», assurait le 21 mai Laurent Castaing, directeur du chantier naval, lors d’une conférence rassemblant à Nantes les acteurs de ce projet estimé en première instance à 5 milliards d’euros mais dont la facture sera vraisemblablement doublée. «Les délais seront aussi tenus», ajoute le dirigeant, le navire devant quitter sans faute Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) en 2035 pour être armé à Toulon (Var). «Nous n’avons pas d’autres choix, car le porte-avions s’inscrit dans un plan, avec des paquebots à construire avant et après lui», dit aussi l’industriel. «Car c’est parce que nous sommes capables de faire des paquebots que nous sommes en mesure de construire ce porte-avions, il faut s’en souvenir», ajoute-t-il.
Pour ce navire, que Laurent Castaing compare à «un très gros paquebot, très complexe», le chantier naval devra aussi étoffer les effectifs de tuyauteurs et d’électriciens spécialisés, répondant au degré d’exigence du militaire et du nucléaire. Le chantier naval, qui emploie déjà 3500 salariés prévoit globalement, pour l’ensemble de ses activités, de recruter 500 salariés en 2024, puis 300 personnes par an pendant 10 ans. Il lui faudra néanmoins avoir recours à une main d’œuvre étrangère pour pallier le déficit de main-d’œuvre française. Toutefois, pour des raisons de sécurité, certaines parties du porte-avions ne seront accessibles «qu’à des yeux français», note Laurent Castaing.
200 millions d’euros à Indret
Le porte-avions «va donc attirer beaucoup de personnes», lance Laurent Castaing aux élus. «Il va falloir tenir notre rang avec un aéroport et des trains qui fonctionnent, il faudra aussi des hôtels, des logements, des taxis…» Saint-Nazaire devra aussi accueillir le futur équipage du PANG. «On aura une petite base navale avec plusieurs centaines de marins», annonce l’Amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine.
La coque sera assemblée autour des chaufferies nucléaires K22, hautes de 10 mètres. Celles-ci seront livrées en 2032 par Naval Group qui les fabriquera en amont, sur la Loire, dans son usine d’Indret (Loire-Atlantique), pôle énergie-propulsion du groupe. Naval Group a d’ailleurs constitué avec les Chantiers de l’Atlantique une entreprise commune, MO Porte-avions pour partager les responsabilités du projet. Pour le PANG, mais aussi pour le renouvellement de la flotte de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération (S3G), Naval Group a engagé à Indret un programme d’investissement de 200 millions d’euros engagé en 2019 et courant jusqu’en 2028. Le site doit aussi maintenir le rythme de 150 recrutements en CDI, ce qui est déjà le cas depuis deux ans.



