«Trouver une batterie lithium-ion, c’est chercher une aiguille dans une botte de foin», illustre Claire Boursinhac, secrétaire générale du groupe Paprec, spécialisé dans le recyclage. En 2021, plus de 150 incendies ont été recensés dans la profession, sans compter les départs de feu – un à deux par jour. D’après le bureau d’analyse des risques et pollutions industriels, le nombre d’incendies dans le secteur s’est accru de 150 % entre 2014 et 2019.
Depuis cette date, le nombre d’appareils neufs contenant des piles et batteries lithium-ion mis sur le marché a progressé de 10 % par an, estime-t-on chez Ecosystem, l’un des deux éco-organismes chargé des déchets d'équipements électriques et électroniques.
Ces dernières années, perceuses sans fil, cigarettes électroniques, brosses à dents et moulins à épices électriques ont alourdi le flux des petits appareils en mélange (PAM) : 179 311 tonnes collectées en 2021 chez Ecosystem. «Jusqu’à présent, les batteries ne présentaient pas ce risque de bombe incendiaire, bien que contenant des substances toxiques comme le plomb ou l’acide sulfurique. Il est lié à la nature des batteries lithium-ion», explique Olivier François, président de la commission internationale de la Fédération professionnelle des entreprises du recyclage (Federec) et directeur du développement chez Galloo.
«Les plus gros risques résident dans le stockage intermédiaire avant le tri», explique Claire Boursinhac. Pour qu’elle s’embrase, une pile doit être soumise à une forte chaleur, ou être écrasée dans son propre appareil. Face à cette situation, les exploitants s’efforcent de ne plus avoir de stocks en fin de journée ou en fin de semaine. Chez Galloo, des affiches permettent aux opérateurs de mieux identifier les déchets à risque. Paprec a opté pour la méthode coercitive, en refacturant ses clients en cas d’erreurs préalables de tri. Ces derniers mois, Ecosystem s'est consacré à l’allotissement du flux de PAM. Plus de 50 000 caisses en plastique d’un équivalent d’un mètre cube chacune ont été distribuées, afin de réduire « de manière très significative » les départs de feu.

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
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Mars 2026
Plastiques issus des DEEE - PAMVariation en €/tonne
Des particuliers à sensibiliser
Dans un courrier adressé il y a un an au ministre de l’Intérieur, Federec faisait état de la nécessité d’alerter les préfets sur ce risque grandissant. En juin, Ecosystem a coorganisé des assises de la prévention. Les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) de chaque localité disposant d’une unité de traitement de PAM ont participé à des sessions dédiées avec les industriels. Il y a six ans, Paprec a lancé un plan d’investissement spécifique, doté de 25 millions d’euros par an. Trois pompiers professionnels ont été recrutés. Plusieurs recycleurs testent pour leur part des lances à incendie commandées par une caméra optique et thermique liée à des banques d’images.
Les professionnels européens du recyclage ont créé un groupe de travail, fin 2020, pour faire évoluer les normes et la conception des appareils. Mais une étape demeure lacunaire : la sensibilisation des particuliers...



