La capsule bleue et noire longue de 3 mètres approche du quai en silence avant de s’ouvrir au cœur comme une décapotable. À l’intérieur, deux sièges se font face. Deux boutons propulsent les passagers, direction la station de leur choix ; un troisième, lui, envoie le module à sa base de maintenance. La cabine vibre alors qu'elle se lance, sans conducteur, à 50 km/h sur les 2 kilomètres de rail.
Les 10 premières cabines deux places de la jeune pousse Urbanloop entament leur dernier mois de test dans le parc Île de loisirs à Trappes (Yvelines), avant leur première entrée en service commercial, prévue le 27 juillet. «Ce mois nous sert surtout à la «marche à blanc», c’est-à-dire à transmettre nos compétences à l’exploitant, Keolis», explique Noémie Bercoff, la directrice générale de l’entreprise.
Les cabines assureront la liaison entre le parking du parc et une fan zone des Jeux olympiques jusqu’au 11 août. Les navettes devraient transporter environ 250 personnes par heure – pour une affluence attendue jusqu'à 5000 personnes quotidiennes sur la zone lors des jeux de Paris 2024. À l’issue des JO, les capsules resteront opérationnelles et gratuites pour une durée totale de service de 17 mois.
Côté industriel, les châssis sont assemblés à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle), les cabines, elles, dans l’usine PSV de Saint-Léonard (Vosges). L’assemblage final est ensuite assuré par 10 mécaniciens de la jeune pousse, basée en banlieue de Nancy (Meurthe-et-Moselle).

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40 capsules à livrer d’ici à 2027 à la Métropole du Grand Nancy
Prochaine échéance pour l’entreprise nancéienne : la livraison de 40 cabines 6 places à la Métropole du Grand Nancy d’ici à janvier 2027. Celles-ci desserviront 7 stations sur une boucle plate de 6,6 kilomètres (3,3 km aller et 3,3 km retour). Le projet Urbanloop représente au total un budget de 12 millions d’euros hors taxe – installation des rails comprise – pour la Métropole du Grand Nancy. Les cabines livrées doivent transporter jusqu’à 340 voyageurs par heure – en heure de pointe.
L’association locale Entente pour la défense de l’environnement nancéien (EDEN) demande, elle, l’abandon du projet. «Quelque-soit les configurations retenues, Urbanloop n’a aucune chance de devenir un moyen de transport de masse», avance l’association dans un communiqué publié fin mars. «Cette dépense publique serait mieux investie dans d’autres projets de renforcement des transports en commun ou du réseau cyclable.»
De son côté, la Métropole du Grand Nancy espère réduire les trajets automobiles entre l’agglomération nancéienne et l’autoroute A31 voisine. Un parking doit être construit en bout de ligne, à la sortie de l’autoroute. Les cabines Urbanloop doivent alors prendre le relais des voitures et permettre de transporter environ 1800 passagers par jour, estime la Métropole, avec un fonctionnement 7j/7 et 24h/24.
Une circulation ininterrompue de cabines
Sur ses 60 salariés, l’entreprise compte 30 ingénieurs dédiés aux logiciels de la machine. «En situation nominale, les freins du module sont serrés. Pour qu’ils se desserrent, le système passe par trois couches de logiciel», détaille Noémie Bercoff. Un premier «logiciel de positionnement sécurisé» se charge de valider une batterie de conditions afin de desserrer les freins – absence d’une personne sur les rails, par exemple. Le «logiciel d’exploitation», ensuite, exécute les ordres : le passager appuie sur le bouton 1, la navette assure le transport jusqu’à la station 1.
Enfin, un « logiciel de distribution » intègre une intelligence artificielle. «Si le système remarque que le matin, ou le lundi, il y a plus de monde au départ de la station A par rapport à la station B, alors il positionne une part plus importante de la flotte dans la station A le matin», illustre Noémie Bercoff.
L’entreprise espère surtout aller au bout de son concept : un réseau de boucles interconnectées où les capsules individuelles circuleraient en flux ininterrompu. Pour cela, elle mise notamment sur de l’intelligence artificielle afin d’optimiser les trajets jusqu’à 20 kilomètres de circuit.
Gares, aéroports… La jeune pousse créée en 2019 lorgne déjà sur les zones urbaines autour des gares. «On trouve pléthore d’entreprises ici, autour de la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines. Elles sont juste suffisamment loin pour inciter les usagers à recourir à la voiture», lance le fondateur Jean-Philippe Mangeot sous le son des voitures du périph’.



