Les ambitieux objectifs de Nissan pour se renforcer en Europe

Dixième constructeur européen, Nissan souhaite augmenter ses ventes sur le continent de 300 000 unités grâce à de nouveaux véhicules électriques. Le groupe japonais mise sur les batteries solides pour baisser les coûts de production en fin de décennie.

Réservé aux abonnés
Nissan Qashqai Version 2024 - Sunderland
Nouvelle calandre, optiques modifiées et une connectivité améliorée grâce à l’arrivée d’Android à bord... Le nouveau Nissan Qashqai vise une montée en gamme.

La course aux volumes est lancée pour Nissan. Le troisième constructeur japonais, 3,44 millions de voitures vendues en 2023, souhaite augmenter ses ventes d’un million d’unités d’ici à la fin de l’année 2026. La marche est haute, mais le groupe veut croire en sa bonne étoile.

Après plusieurs années compliquées, marquées par une simplification de la gamme et une drastique rationalisation de l’activité (sortie du marché sud-coréen, trop rude, réduction des sur-capacités de production avec la fermeture notable de l’usine espagnole de Barcelone fin 2021, temps de développement d’un véhicule ramené sous les quatre ans), « nous sommes à nouveau sur la bonne voie et pouvons investir dans l'avenir », assure François Bailly, chef de la planification pour la région AMIEO (Afrique, Moyen-Orient, Inde, Europe et Océanie), sur fond de corrects résultats financiers 2023

Usine Nissan de SunderlandCome SITTLER
Usine Nissan de Sunderland Usine Nissan de Sunderland (Come SITTLER/Come SITTLER)

D'une capacité annuelle de production de 440 000 voitures, l'usine Nissan de Sunderland a fabriqué 320 000 unités en 2023. © Côme Sittler

En cette fin de mois de mai, le constructeur dévoilait depuis son usine britannique de Sunderland la production d’une nouvelle version de son modèle phare, le Qashqai. La troisième génération du « crossover original », lancée à la fin de l’année 2021, connait une modification esthétique conséquente à l’occasion de la moitié de son cycle de vie. Une montée en premium est visée, avec une nouvelle calandre, des optiques modifiées et une connectivité améliorée grâce à l’arrivée d’Android à bord. « En 2006, l’arrivée du Qashqai a changé la donne pour nous », se remémore Adam Pennick, vice-président en charge de la fabrication au Royaume-Uni. Cette année-là, le tout nouveau modèle est produit dans l’usine de Sunderland. Objectif de production initial : 100 000 unités. Deux ans plus tard, face au succès inattendu, 200 000 exemplaires sortent des lignes de production britanniques.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

C’est aujourd’hui le véhicule le plus vendu en Angleterre. Au total, 4 millions d’exemplaires y ont été produits au cours des 18 dernières années. Le site industriel fabrique également le petit SUV Juke (troisième meilleure vente anglaise) et assemblait jusqu’en mars dernier la citadine électrique Leaf. « Nous produisons en masse des véhicules électriques ici depuis plus de dix ans », vante encore Adam Pennick, alors que l’usine qu’il supervise va augmenter considérablement sa production de véhicules électriques dans les années à venir.

Augmenter les ventes européennes de 300 000 unités

Malgré tout, le continent européen n’est pas un marché sur lequel Nissan excelle. Essentiellement présent au Japon et aux États-Unis, Nissan n’est que le dixième constructeur européen. Sur les quatre premiers mois de l’année 2024, le constructeur s’est octroyé une part de marché de 2,8 % (Europe élargie, Royaume-Uni compris) avec 124 475 immatriculations. Soit peu ou prou un million de véhicules en moins que le groupe Volkswagen, leader du marché. Au cours des quatre prochaines années, Nissan souhaite augmenter ses ventes de près de 300 000 unités sur le Vieux Continent grâce à six nouveaux modèles, et promet de convertir l’ensemble de ses voitures à l’électrique d’ici à la fin de la décennie pour répondre à la demande d’un secteur qui bannira les moteurs à combustion interne en 2035. À mi-parcours, fin 2026, 43 % de ses véhicules européens seront à batterie.

Mais au niveau mondial, Nissan ne se presse pas : seuls 20 % de ses véhicules seront électriques dans le monde à la même date. Des rumeurs de presse indiquent même que le développement d’un véhicule électrique promis aux États-Unis pour juin 2026 a été retardé de quelques mois, sur fond de croissance plus faible des véhicules électriques autour du globe.

Usine Nissan de SunderlandCome SITTLER
Usine Nissan de Sunderland Usine Nissan de Sunderland (Come SITTLER/Come SITTLER)

Le Nissan Qashqai est le véhicule le plus vendu au Royaume-Uni © Côme Sittler

Parfois considéré à la traine dans l’électrification (et en perte de vitesse en Chine), Nissan mise notamment sur les batteries tout-solide pour baisser le coût de ses véhicules, dont « 40 à 45 % sont directement liés à la batterie », rappelle François Bailly. Pour réduire ses factures, Nissan mise également sur davantage de synergies sur les pièces qui composent les groupes motopropulseurs (batterie, onduleurs, moteurs…). Le constructeur souhaite réduire de 30 % ses coûts de production et vise la parité de coût entre le thermique et l’électrique au tournant de la décennie prochaine.

Après la refonte de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Nissan commence aussi à explorer de nouveaux partenariats, à l’image des négociations en cours avec son concurrent nippon Honda, pour collaborer sur l’électrique et le logiciel.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
78 - Rambouillet
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs