Les actionnaires d'Atos refusent de révoquer le président

Les actionnaires d'Atos réunis en assemblée générale ont rejeté mercredi 28 juin à 67,38% une résolution réclamant le départ du président du conseil d'administration Bertrand Meunier, portée par le gestionnaire d'actifs Sycomore, qui dénonce depuis des mois la mauvaise gestion du groupe d'informatique.

Bertrand Meunier reste à son poste de président du conseil d'administration d'Atos. La motion présentée en assemblée générale demandant son renvoi a été rejetée à plus de 67% ce 28 juin. D'autres motions du fonds Sycomore réclamant le départ de deux autres administrateurs ont également été rejetées.

Dans un communiqué diffusé après le vote, Sycomore a estimé que même défaites, ses résolutions avaient été approuvées par 32 à 35% des suffrages exprimés, soit un "signal fort envoyé par les actionnaires de long terme d’Atos à son conseil d’administration". "Ce dernier ne peut rester sur ses positions, il est de son devoir d’écouter la défiance des actionnaires en nommant des administrateurs qui connaissent parfaitement le secteur et qui pourront évaluer sereinement les futures décisions stratégiques pour la société", a-t-il ajouté.

Après une période difficile marquée par une crise de gouvernance et de lourdes pertes, Atos a dévoilé en 2022 un projet de scission de ses activités numériques et de cybersécurité dans une nouvelle entité rebaptisée Eviden et le regroupement de ses activités historiques au sein de Tech Foundations.

Des offres pour Techn Foundations

Le 28 juin lors de l'assemblée générale, Bertrand Meunier a fait savoir que le conseil d'administration avait rejeté plusieurs offres indicatives pour Tech Foundations. La division a notamment suscité l'intérêt de l'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky, selon des informations du Monde confirmées par le directeur général délégué d'Atos Nourdine Bihmane à BFM Business en mars dernier.

Bertrand Meunier, qui n'a pas fait de commentaire sur Daniel Kretinsky devant l'assemblée générale, a déclaré que l'abandon au printemps par Airbus de son projet de rachat d'une participation de 29,9% dans Eviden (ex-Evidian) n'aurait pas d'impact sur le projet de scission, qui devrait être mis en oeuvre selon lui au second semestre 2023. Des discussions avec Airbus se poursuivent à propos d'un "partenariat technologique de long terme", a-t-il ajouté.

Avec Reuters (Mathieu Rosemain, version française Jean-Stéphane Brosse)

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