Reportage

À Vernouillet, LEO Pharma donne un coup de jeune à son site historique de production d'héparines

Construit dans les années 60, le seul site de production de LEO Pharma en France, spécialisé dans la fabrication de médicaments injectables a accueilli une nouvelle ligne de remplissage. 

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Vernouillet - Leo Pharma
Implanté depuis 1965 sur près de 75 000 m², le site de production de Vernouillet est le seul du groupe danois à fabriquer l'Innohep, un anticoagulant indiqué contre les thromboses et les embolies pulmonaires.

Le site LEO Pharma de Vernouillet fête ses 60 ans. À l’occasion de cet anniversaire, dirigeants de l’entreprise et élus locaux s’étaient donnés rendez-vous en Eure-et-Loir pour inaugurer la nouvelle ligne de remplissage en conditions aseptiques de l’usine, fruit d’un investissement de 40 millions d’euros, annoncé en février 2021.

« Cette nouvelle ligne est bien plus qu’un outil, elle est le symbole de notre avenir en nous permettant de produire plus et plus vite, mais aussi en apportant plus de sécurité dans la production aseptique ainsi qu’une empreinte environnementale réduite », se réjouit Christophe Bourdon, le p-dg français de LEO Pharma. Le site emploie aujourd'hui près de 400 personnes, un effectif qu'il prévoit de garder stable.

Si le groupe danois est reconnu comme étant un spécialiste de la dermatologie, son site de Vernouillet est, quant à lui, spécialisé dans la production de médicaments injectables. Il fabrique principalement, en conditions stériles, le médicament Innohep (tinzaparine sodique), dont le principe actif est une héparine de bas poids moléculaire. Cet anticoagulant est indiqué dans le traitement des thromboses et des embolies pulmonaires.

Implanté depuis 1965 sur près de 75 000 m², le site de production de Vernouillet est le seul du groupe danois à fabriquer ce médicament. Il alimente ainsi l’ensemble des marchés mondiaux de LEO Pharma. « 70 % des produits sont destinés à l’exportation et envoyés en direction d’autres pays européens, de pays africains ou du Canada notamment », confie Didier Lévêque, directeur du site de Vernouillet.

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Une production augmentée

La nouvelle ligne de remplissage prend place dans le bâtiment historique de LEO Pharma, au milieu de salles laissées vides par l'arrêt de la production de formes sèches, dont le Fucidine (acide fusidique), un antibiotique contre les infections dermatologiques. En remplaçant l'ancien équipement installé en 1999, la nouvelle ligne a permis au site d'accélérer sa cadence et d'atteindre le rythme de 30 000 seringues fabriquées par heure.

« Nos capacités de production vont passer de 70 millions à 100 millions de seringues par an », évalue Didier Lévêque. En plus d'accroitre la productivité de l'usine de Vernouillet, le projet s'inscrit également dans un enjeu de souveraineté sanitaire puisque l'Innohep bénéficie d'un circuit de fabrication 100 % européen. L'héparine, fabriquée dans les usines LEO Pharma d'Irlande, est issue de muqueuses de porcs collectées au Danemark.

Le principe actif est ensuite envoyé à Vernouillet pour intégrer la formulation de l'Innohep. Une fois préparé, le médicament est introduit dans des flacons de différentes tailles, 0,5 mL pour être utilisé en préventif, ou 1 mL pour une utilisation en curatif.

Les flacons de médicaments ainsi remplis passent ensuite à l'étape de l'inspection sur la ligne Körber, installée depuis 2022. « La ligne contrôle environ 600 seringues par minute et nous permet de détecter 35 types de défauts, parmi lesquels les fêlures ou la présence de particules dans la seringue », détaille Géraldine Rousseau, responsable du pôle inspection du site LEO Pharma de Vernouillet. Au terme de ces contrôles, 5 à 10 % de la production est généralement évincée.

Outre l'Innohep, l'usine réserve une partie de ses capacités (environ 5%) pour la production du Kyntheum (brodalumab), un anticorps monoclonal indiqué contre le psoriasis. Les médicaments biologiques constituent un autre axe de développement stratégique pour LEO Pharma. 

Un engagement environnemental fort

L'évolution du site de Vernouillet s'est accompagnée de progrès environnementaux. Grâce notamment à la mise en place d'un osmoseur pour transformer l'eau de ville en eau purifiée, l'usine a déjà réduit de 50 % sa consommation en eau au cours des dix dernières années. « Nous consommons aujourd'hui 20 000 m3 d'eau par an, dont 80 % sont utilisés pour faire de l'eau purifiée à usage pharmaceutique », avance Didier Lévêque. Sur la nouvelle ligne de remplissage, les procédés de stérilisation ont par ailleurs été simplifiés.

« Nous recevons de notre fournisseur des seringues directement stérilisées et prêtes au remplissage, ce qui constitue un gain d'énergie très important», poursuit-il. La réutilisation d'eau purifiée pour des opérations de rinçage fait également partie des projets de LEO Pharma. L'objectif du groupe demeure d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050.

S’il faudra encore attendre mi-2027 pour qu'elle soit pleinement opérationnelle, la nouvelle ligne de remplissage a déjà produit et livré 2 millions de seringues sur le marché mondial. L'activité de l'ancienne ligne du site devrait prendre fin à l'issue de l'année 2026, sans que son avenir soit encore bien défini. 

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