Actualité chargée pour ISB. Le groupe, spécialisé dans la vente de panneaux et la transformation de bois résineux pour les industries de la construction et de l’habitat (240 millions d’euros de chiffre d’affaires estimés en 2020, 430 personnes), compte investir 4,2 millions d’euros sur son site de Rochefort (Charente-Maritime) au cours des trois prochaines années.
Une première enveloppe de 1 million d’euros sera consacrée à l’installation d’un système d’aspiration de copeaux de rabotage et d’une presse à copeaux (pour mise en service en septembre 2021), afin de mieux valoriser ces résidus revendus aux professionnels de la literie animale et de l’équitation (800 000 euros). S'y ajoutent 200 000 euros d’équipements de protection incendie.
Dans un second temps, 3,2 millions d’euros seront consacrés à la modernisation des trois lignes de rabotage (tasseaux, rabotage, calibrage) sur trois ans. Dans le cadre de la modernisation de la ligne de rabotage (2022-2023), de nouveaux systèmes d’emballage seront implantés afin de traiter des références plus fines de plastique, un matériau dont le groupe consomme actuellement près de 3000 tonnes par an. Le site de Rochefort sera également mis aux dernières normes environnementales. Les outils de traitement destinés à récupérer les égouttures et les salissures, dans le cadre du traitement du bois destiné à la construction, seront eux aussi repensés.
Honfleur saturé après le doublement de sa production
A Honfleur (Calvados), ISB a prévu une enveloppe de 1,9 million d'euros sur deux ans, dont 800 000 euros de fonds France relance. Ce site spécialisé sur la clientèle industrielle (mobile-homes, menuiserie industrielle), qui emploie environ 80 personnes, a doublé ses effectifs et sa production au cours des deux dernières années. Saturé au niveau de ses capacités d’aspiration de connexes (les résidus de bois), le site d'Honfleur sera rééquipé (700 000 euros, pour une mise en service prévue au quatrième trimestre 2021), comme à Rochefort.
Par ailleurs, un projet dédié à l’usinage de produits de structure (par exemple des découpes à la longueur ou des systèmes de rainurage) sera lancé autour de trois familles de produits: le lamellé-collé, le LVL (un matériau composite constitué de couches de placage de bois stratifié avec un adhésif) et les poutres. Aujourd’hui, ISB est seulement négociant sur ces produits. A Honfleur, le groupe a aussi pour projet de développer les panneaux de structure en LVL : 700 000 euros pour une machine de découpe de panneaux (mise en œuvre prévue en 2022).
Le site d’Honfleur avait, lors de l’exercice précédent, déjà fait l’objet d’investissements, avec la création d’une ligne de rabotage dédiée au bardage et aux lames de terrasse (dont la mise en route est prévue en février 2021) et d’un tunnel autoclave entré en service en février 2020.
Des infrastructures portuaires repensées
Enfin, ISB prévoit d'agrandir trois de ses infrastructures portuaires. A Honfleur, au total, 20 000 mètres carrés supplémentaires, sont prévus. “Notre usine ayant doublé sa capacité, nous devions doubler nos capacités d’import”, indique Benjamin Bodet, directeur général. L’aide du plan France relance inclut ce projet. Une partie sera couverte.
A Rochefort, 1500 mètres carrés de structures légères, pour stocker à l'abri des produits bois, ont déjà été livrés. A Nantes (Loire-Atlantique), deux bâtiments de 2500 mètres carrés seront, eux, montés entre les mois de février et de mars, Le montant global des bâtiments couverts s’élève à 600 000 euros. Pour réduire la facture, l’entreprise utilise des structures existantes, au moyen d’une équipe dédiée de techniciens.
Des coûts matière orientés à la hausse
Par ailleurs, le groupe s’inquiète de la hausse des prix de ses approvisionnements en bois (+25% sur les douze derniers mois).
"Nous faisons face à une pénurie extraordinaire de matières (sapin épicéa, pin sylvestre, douglas). Nos délais de livraison s’allongent, les stocks sont extrêmement bas chez les producteurs, donc les prix flambent. La production s’est réduite au printemps 2020 pendant la période de confinement dans de nombreux pays, alors que les magasins de bricolage, aux Etats-Unis notamment, ont poursuivi leur activité. En sortie de confinement, la consommation européenne a explosé, notamment sur le segment de l’aménagement extérieur”, explique Benjamin Bodet.



