Spécialisé dans la transformation du bois feuillu, Ducerf Groupe compte investir jusqu’à 50 millions d’euros d’ici à 2028. «Nous devons moderniser notre outil, en passant d’une production traditionnelle à semi-industrielle. Nous pouvons améliorer l’ergonomie des postes, et faciliter l’aide à la décision pour les opérateurs», indique le PDG du groupe, Edouard Ducerf.
Pour l’entreprise (170 personnes, 43 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 50% à l’export, cinq sites de production), la moitié de la valeur est créée via la première transformation (scierie) et l’autre moitié en deuxième transformation (éléments pour les portes et fenêtres, panneaux, bardage et lames de terrasse).
De nouveaux produits
En 2022, 4,7 millions d’euros ont été investis, dont 1,7 million d’euros pour une presse destinée à être installée en 2024 sur le site de Vendenesse-lès-Charolles (Saône-et-Loire). «Auparavant, nous avions déjà des presses, mais nous pourrons fabriquer des panneaux de dimension plus importante, avec moins de personnel, et sans les ports de charge liés au positionnement des matériaux sur les machines», précise Edouard Ducerf. La machine pourra produire des panneaux en bois lamellé-croisé (CLT) avec une capacité de collage en longueur de 6 mètres. Jusqu’alors limité à 950 cm de large, Ducerf Groupe pourra passer à 1 200 cm de large, pour s’adapter à une demande exprimée par le marché (agencement, escaliers, cuisines…) L’entreprise s’est aussi dotée d'une gestion informatisée de la production et des stocks.
A Beire-le-Châtel (Côte d’Or), le site de Bourgogne Bois Industrie sera quant à lui doté d’ici à l’été 2023 d’une ligne de production de bûchettes compressées à destination du marché du bois énergie, une nouvelle activité pour le groupe.
La biomasse valorisée
20 millions d’euros d’investissements sont par ailleurs prévus «a minima» sur la période 2023-2028 pour la modernisation de l’outil industriel. En parallèle, le groupe compte utiliser sa biomasse (connexes, rebuts...) pour alimenter ses séchoirs. A Vendenesse-lès-Charolles, le plus gros site du groupe en termes de volumes traités (35 000 mètres cubes de bois sciés par an, soit 17 500 arbres), 16 millions d’euros doivent être investis dans une unité de cogénération (démarrage prévu en 2026) pour produire de l’énergie thermique, et convertir le reste en électricité. Le site produira 200% de ses besoins en électricité, la moitié étant destinée à être revendue. Ducerf Groupe est en phase d'appel à projet pour des aides publiques (8 à 9 millions d’euros), avec un résultat attendu cet été.
Sur le même site, la construction prochaine d’un bâtiment de stockage pour la scierie permettra d’installer une centrale électrique photovoltaïque d’environ 200 kW sur le toit afin de couvrir les besoins d’électricité des séchoirs et pré-séchoirs, et de réduire de 10 à 12% la consommation globale d’électricité pour une mise en service d’ici à l’été 2024.
Davantage de matières internes dans la deuxième transformation
Autre projet structurant : celui d’un nouvel outil qui doit permettre à la première transformation de bois (sciage) de fournir la deuxième transformation (panneaux, carrelets, bardage…) «dans des conditions profitables, à des conditions d’acquisition de la matière à des prix de marché». Aujourd’hui, 85% des matières travaillées dans le cadre de la deuxième transformation sont achetées à des fournisseurs-tiers. Un projet mené «au mieux en 2026», d’un montant compris entre 5 et 10 millions d’euros.
«Nous subissons une concurrence agressive des pays de l’Est sur les produits transformés, dont les panneaux. Nous aurions dû augmenter nos prix face à l’inflation, mais nous n’avons pas pu tout répercuter», regrette Edouard Ducerf. En 2024, sous l’effet d’une renégociation de contrat, la facture d'électricité de l’entreprise (700 000 euros en 2023) devrait progresser, elle, de 130%.



