Réunie le 29 mars en visioconférence (en raison de l’épidémie de Covid-19), la commission départementale des mines de Guyane continue d’étudier les demandes de renouvellement des concessions minières historiques, toutes interrompues à fin 2018 (même les anciennes concessions perpétuelles). Lors de cette session, la commission a émis un avis favorable à la prolongation pour dix ans de la concession Espérance et à son extension à une partie importante du permis Nouvelle Espérance, demandée par la Compagnie minière Espérance (CME), dirigée les guyanais Carol et Nicolas Ostorero.
La validation de cette extension reste soumise au Conseil d’Etat. Ensuite, son exploitation ne pourra pas démarrer avant l’approbation des projets d'installations ICPE au titre du code de l’Environnement et de demande d’ouverture des travaux miniers (AOTM) au titre du Code minier.
La superficie du PER Nouvelle Espérance dont CME a demandé la transformation en concession couvre 125 km2 sur les 175 km2 du PER. La concession renouvelée s’étendrait désormais sur 151 km2 sur les communes d’Apatou et Grand Santi (ouest de la Guyane).
Un projet guyano-américain de mine industrielle

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La famille Ostorero est l'une des plus connues du secteur minier guyanais. Elle dirige également la Société des mines de Saint-Elie (SMSE), acquise auprès de Guyanor en 2002, un an après le décès du fondateur de CME, Gérard Ostorero. Leurs revenus sont, aujourd’hui, plus importants dans la logistique et la location d’équipements miniers (Mecadeal, Machdeal, puis Helicojyp) que dans l’extraction d’or.
Identifié par le Bureau de recherches géologiques et minières dans les années 1980, le gisement Espérance a été exploité par la CME entre 1991 et 2011. Il a produit sur la période un total de 5,12 tonnes d’or. L’exploration menée par la suite a démontré la présence, à Espérance et à proximité immédiate, d’un gisement aurifère de classe mondiale. Pour le valoriser, il faudrait passer à l’étape industrielle, soit exploiter le gisement primaire en roche dure et traiter ce minerai par gravimétrie, flottation et cyanuration dans une usine à proximité. C'est là qu'intervient Newmont.
Les travaux d'exploration sur les permis d'Espérance et de Nouvelle Espérance laissent entrevoir un "gisement de classe mondiale" d'un "potentiel de 51 Mt à 1,39 g/t", avec un "potentiel additionnel de 250 à 350 millions de tonnes de minerai à des teneurs de 1,2 à 2 g/t d'or", selon un rapport de GoldMinds Geoservices en 2013 mentionné par CME dans sa demande de concession.
Newmont, déjà présent au Suriname
La compagnie minière américaine a signé le 1er juin 2018 un accord avec CME pour le rachat de la mine Espérance, assorti de plusieurs conditions suspensives, selon un rapport final de l'enquête publique sur la concession Nouvelle Espérance publié fin 2018. Entre autres, le renouvellement de la concession et la non-objection du ministre des Mines.
Le géant minier, qui dispute à Barrick le titre de premier producteur mondial d’or, connaît bien le bouclier des Guyanes, cette ceinture de roches vertes riches en or qui se prolonge d'Amérique du Sud en Afrique de l'Ouest. Newmont exploite depuis 2016, au Suriname frontalier, la mine industrielle de Merian. A Apatou, le groupe envisage la construction d’une mine à ciel ouvert et d’une usine de cyanuration pouvant produire, selon des documents présentés par CME lors de l'enquête publique de 2018, environ 60 tonnes d’or sur quinze ans (à prolonger en fonction d'éventuelles découvertes ultérieures).
Opposition des associations de protection de l’environnement
Comme à Montagne d’or, ce projet de mine industrielle suscite l’opposition farouche de la vingtaine d’associations réunies au sein du collectif « Or de question », qui a relancé sa campagne de protestation sur les réseaux sociaux suite à cet avis favorable de la Commission des mines. Les représentants des Amérindiens de Guyane, du WWF et de Guyane Nature Environnement à la commission départementale des mines de Guyane se sont, sans surprise, prononcés contre cette concession.



