Le Syctom suspend la modernisation de son centre de traitement des déchets de Romainville

Le Syctom, qui traite les déchets ménagers de la métropole parisienne, a décidé de différer l’attribution du marché de modernisation de son site de Romainville (Seine-Saint-Denis), représentant un investissement de plus 300 millions.

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Centre de tri - recyclage des ordures ménagères du Syctom Paris 17eme
Le Syctom est dans l’attente du contenu de la loi anti-gaspillage pour l’économie circulaire (Loi Poirson).

Le Syctom, l’agence métropolitaine des déchets ménagers en Île-de-France, a décidé de différer l’attribution du marché de reconstruction du centre de traitement des déchets de Romainville (Seine-Saint-Denis), dont la modernisation était initialement prévue à l’horizon 2025 et représente un investissement de plus 300 millions d’euros.

Ce report a été débattu, lors du comité syndical du 6 janvier 2020 et à l’initiative de Jacques Gautier, actuel président du Syctom. "Les élections municipales ayant lieu dans deux mois et le président du Syctom ne se représentant pas, il a considéré qu’il ne pouvait pas engager un tel investissement s’accompagnant de frais d’exploitation importants alors qu’il ne serait plus en charge du Syctom dans quelques mois", précise un communiqué du syndicat qui gère le traitement et la valorisation des ordures ménagères de quelque six millions de Franciliens.

Jacques Gautier a fait valoir que la décision doit revenir au nouvel exécutif du Syctom, qui sera désigné lors de la réunion du comité syndical le 28 mai 2020. Surtout au moment où l’augmentation de 30 millions d’euros de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) va toucher le syndicat à partir de 2021.

Dans l’attente de la Loi Poirson

Ce qui a surtout pesé dans la décision, c’est donc la trajectoire de la TGAP qui a un impact très conséquent sur les finances du Syctom et le fait que Syctom aura, en mai, un nouveau président. Mais, parallèlement, le syndicat est dans l’attente du contenu de la loi anti-gaspillage pour l’économie circulaire (Loi Poirson), en cours de finalisation après son approbation en Commission mixte paritaire. "Pour l’instant nous n’avons pas encore de visibilité sur l’impact qu’aura cette loi sur les capacités de nos centres de tri", reconnaît une porte-parole du Syctom.

Au cœur des préoccupations de l’agence métropolitaine figure la création d’un système de consigne pour certains types d’emballage. "Le problème d’une potentielle consigne, plus que sur les tonnages et donc sur le dimensionnement de nos équipements, concernerait les processus de tri en eux-mêmes. Ces derniers devront être entièrement revus si cette consigne apparaissait car le contenu des flux de déchets qui entrerait dans nos centres serait très différent de ce qui arrive aujourd’hui", poursuit la porte-parole du Syctom.

Le gisement demeurerait cependant conséquent, car des masses non négligeables de déchets recyclables sont encore placés dans les poubelles d’ordures ménagères résiduelles (OMR), malgré l'extension des consignes de tri qui permet de placer tous les emballages dans le bac de tri sélectif. Presque tous les territoires couverts par le Syctom sont déjà éligibles à cette extension, les derniers le seront dans les semaines qui viennent.

Un projet revu à la baisse après la concertation

Le projet de modernisation du centre de Romainville a fait l’objet d’une concertation en 2017. Parmi les trois solutions proposées, les deux premières confortaient le site dans sa vocation de centre de transfert et de tri. Le troisième scénario envisageait, en revanche, de traiter les OMR sur place et la production de combustible solide de récupération pour alimenter une chaufferie implantée sur le site.

L’hypothèse du traitement des déchets sur place a été écartée : ni méthanisation, ni incinération ne sont prévues dans le projet retenu, qui comprend par ailleurs l’extension du centre de tri à 60 000 tonnes par an, ainsi qu’une intégration architecturale de qualité en zone urbaine dense.

Le projet soumis à l’appel d’offre - et repoussé - intègre le prétraitement sous forme de séchage d’une partie des OMR, ceci "afin d’optimiser leur transfert par voie fluviale vers d’autres installations du Syctom où elles seront traitées", détaille le syndicat.

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