Comme de nombreuses entreprises actuellement tirées vers le haut grâce aux élans engendrés par la reprise et les orientations des plans de relance, le spécialiste des bornes de recharge DBT voit ses commandes augmenter. Le 19 juillet, le groupe a annoncé avoir signé trois contrats avec le SDEC (Syndicat d’électrification du Calvados), le Syndicat mixte du Haut-Jura et l’Usine électrique de Metz, pour un chiffre d'affaires avoisinant les 700 000 euros la première année. L'entreprise est également en négociations avec une chaîne de restauration (3 millions d'euros sur deux ans) et un syndicat en région parisienne (500 000 euros sur deux ans), dont les noms n'ont encore pas été révélés.
Tous les signaux sont au vert pour permettre à cette PME de prendre son envol. Fantasmé ces dernières années, l'essor des véhicules électriques est désormais bien concret : au premier semestre 2021, près de 150 000 voitures électriques et hybrides rechargeables se sont écoulées en France, ce qui représente plus de 15 % du total des ventes. Une dynamique qui pourrait encore s'accentuer avec le plan climat européen, qui prévoit de bannir les moteurs thermiques au sein de l'Union dès 2035. « C'est une bonne nouvelle pour la planète, on ne peut que s'en féliciter, assure Alexandre Borgoltz, directeur général de DBT. Les récentes inondations en Allemagne et en Belgique montrent qu'il est temps d'agir, les gens prennent peu à peu conscience des impacts concrets du dérèglement climatique ».
Une année 2020 difficile
Le boom de la voiture électrique, nécessaire à la transition écologique du secteur automobile, s'accompagne nécessairement d'un déploiement massif des bornes de recharge. Bien sûr, plus personne ne croit aujourd'hui en l'objectif du gouvernement d'atteindre 100 000 bornes en France à la fin de l'année 2021. Néanmoins, on en dénombre aujourd'hui 43 700, soit 11 000 de plus en seulement six mois. Alexandre Borgoltz prévoit une « grosse accélération » pour le dernier trimestre de l'année et le premier semestre de 2022. « Il ne faut pas oublier qu'un projet d'installation de bornes prend en moyenne 18 mois, on est sur du temps long », explique le dirigeant.

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Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
Cet intérêt exponentiel arrive à point nommé pour DBT, qui a particulièrement souffert de la crise sanitaire et du retrait de l'un de ses clients historiques, le japonais Nissan. De plus, la société n'a encore jamais réussi à dégager de bénéfices depuis son introduction en Bourse en décembre 2015, ce qui a fait dégringoler le cours de son action de 6,46 euros par titre à l'époque à un peu plus de 0,05 euro aujourd'hui. « On était présents trop tôt par rapport à la maturation du marché et des technologies », estime le directeur général, évoquant une « situation financière très tendue » il y a encore quelques mois.
Défenseur du made in France
Mais les 80 employés de l'unique site de DBT, situé à Brebières (Pas-de-Calais) n'ont pas baissé les bras et ont continué à chercher des moyens de mettre en avant leur savoir-faire, exporté dans une quarantaine de pays. L'entreprise propose aujourd'hui des bornes de recharge normale, accélérée, rapide et ultrarapide, ces dernières permettant de recharger la batterie du véhicule en moins de 20 minutes. La société a par ailleurs fait du sourcing local l'une de ses priorités : les bornes qu'elle assemble sur place sont composées à 95% de produits achetés en France et 60% des tôliers avec lesquels elle travaille sont basés dans les Hauts-de-France.
Les 200 millions d'euros levés fin mars devraient également aider DBT à envisager l'avenir plus sereinement. Ces fonds serviront notamment à attirer les clients privés, alors que l'entreprise était jusqu'à présent concentrée sur les marchés publics, et à effectuer des prises de participations dans plusieurs start-up du secteur. « Notre ambition est de renouer avec la rentabilité dès 2022 et d'atteindre 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, contre 4 millions en 2020 », conclut Alexandre Borgoltz.



