La décision du tribunal des affaires économiques de Paris, rendue vendredi 18 avril, n’est pas une surprise. Elle a validé la reprise du sous-traitant de l’électronique Eolane France par le suisse Cicor, dont l’offre avait la préférence des syndicats. «Cette opération assure la sauvegarde de plus de 890 emplois, soit près de 90% des effectifs sur le périmètre repris et la préservation d’un savoir-faire reconnu», écrit, dans un communiqué, le groupe suisse. Cette offre faisait face à celle du lyonnais Synov, qui n'aurait conservé que deux sites industriels et moins de 250 salariés, sur les 1100 que compte Eolane France.
Cicor va reprendre les usines d’Angers et de Combrée (Maine-et-Loire), de Douarnenez (Finistère), de Neuilly-en-Thelle (Oise), de Saint-Agrève (Ardèche), ainsi que les deux sites au Maroc. En revanche, l’offre exclut le site de Valence (Drôme) et ses 150 emplois, pour lequel trois entreprises françaises ont manifesté leur intérêt d’après les offres consultables sur le site du tribunal : les sociétés d’électronique Selha (Mayenne) et Merem (Doubs), ainsi que la société d’investissement parisienne Verdoso, spécialisée dans le rachat de filiales en difficulté.
Cicor prévoit d’investir 30 millions d’euros
Si la plupart des usines sont reprises en l’état, 100 licenciements bruts sont prévus par Cicor sur les deux usines du Maine-et-Loire et au siège angevin d’Eolane France, d'après les syndicats. Ces derniers dénoncent ces licenciements, décidés avant toute éventuelle restructuration, alors que les deux usines en question travaillent pour la défense à travers Thales et KNDS et pourraient donc être mobilisées dans un contexte d’effort de guerre.
Dans son communiqué, Cicor indique prévoir un investissement de plus de 30 millions d’euros «pour relancer les activités et améliorer les capacités industrielles et les performances des sites repris», dont plus de 4 millions dédiés à l’acquisition de nouveaux équipements. Le groupe suisse, qui affiche 501 millions d’euros de chiffre d’affaires et 3 450 collaborateurs, dit vouloir devenir, grâce à la reprise d’Eolane France, le numéro un des composants électroniques pour l’aérospatial et la défense en Europe.



