Le Sivom de Mulhouse et Suez initient la récupération de phosphore à Mulhouse

Le Sivom de la région mulhousienne et Suez inaugurent le 24 novembre à Sausheim, près de Mulhouse (Haut-Rhin), un système de récupération du phosphore à partir de la méthanisation des boues de la station d’épuration, une première en France.

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Sivom Sausheim
Le Sivom mulhousien n’en est pas à sa première innovation sur son site de Sausheim. La dernière en date : la production de phosphore.

Le Sivom de Mulhouse et Suez lancent la première production en France de phosphore issu d’eaux usées. Un procédé développé par Suez qui se nomme Phosphogreen et qui se greffe sur l’unité de méthanisation de la station d’épuration et de l’usine d’incinération de Sausheim (commune de Mulhouse, Haut-Rhin). «La production de struvite, qui est un engrais vert, à partir de phosphore issu des eaux usées, existe dans d’autres pays, au Danemark par exemple, mais c’est une première en France», confirme Pierre-Victor Nazon, directeur adjoint du Sivom de la région mulhousienne.

Combinées à de l’azote et du potassium, les billes de phosphore seront transformées en engrais et font l’objet de premières expérimentations d’épandage. «C’est une tendance extrêmement forte chez nos clients d’utiliser au maximum les sous-produits, comme le phosphore, et l’énergie qui sont produits par les installations d’épuration pour les injecter dans l’économie circulaire et que cela devienne une ressource pour le territoire», explique Maximilien Pellegrini, directeur général adjoint de Suez en charge de la France. Phosphogreen a coûté 570 000 euros dans un investissement total de 15,7 millions d’euros réalisé pour l’unité de méthanisation.

Bus alimentés en biogaz

La récupération de phosphore se fait sur l’unité de méthanisation, elle-même opérationnelle depuis décembre 2020 après deux ans de travaux. Elle permet de récupérer une partie des boues qui sont transformées en biogaz. «6 000 tonnes de boues sont transformées en biogaz, sur les 22 à 24 000 tonnes collectées annuellement. Ce sont autant de déchets qui ne sont pas enfouis et peuvent être incinérés», souligne Jérôme Fritz, responsable du pôle unité de traitement du Sivom de la région mulhousienne. La chaleur fatale de l’usine d’incinération du site est récupérée pour chauffer les deux cuves de méthanisation. Le gaz produit par l’unité de méthanisation alimente déjà 22 bus des transports en commun de l’agglomération, et en alimentera 44 en 2022. Le reliquat de la production est utilisé par des bâtiments de la collectivité.

Le Sivom mulhousien n’en est pas à sa première innovation sur son site de Sausheim, dont la station d’épuration couvre l’équivalent de 490 000 habitants et dont l’usine d’incinération traite 170 000 tonnes de déchets par an. «Les déchets, boues, graisses et eaux usées qui sont traitées permettent déjà de produire de l’électricité, de la vapeur, alimentent un réseau d’eau chaude, génèrent du méthane, maintenant de l’engrais, et en 2022, alimenteront un réseau de chaleur urbain. Avoir tout cela au même endroit est assez rare», souligne Jérôme Fritz.

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