Après la crise, c’est l’heure du bilan. Les entreprises des infrastructures numériques – chargées de déployer et maintenir les réseaux fixe et mobile sur le territoire – ont mené une étude pour évaluer l’impact de l’épidémie sur leur activité, publiée lundi 15 juin. Elles déplorent une baisse moyenne de 36 % de leur chiffre d’affaires pendant le confinement. Et accusent un retard dans le déploiement de la fibre en France.
"L’année 2020 aurait dû être historique en termes de déploiement du réseau", regrette Etienne Costes, associé du cabinet Ernst & Young (EY), qui a mené l’enquête avec Tactis, cabinet de conseil et d'assistance à la maîtrise d'ouvrage spécialisé dans les projets d'infrastructures numériques partagées. Et pour cause : le secteur prévoyait l’installation de 5,3 millions de prises fibre sur tout le territoire, contre 4,8 millions en 2019. "En comptant ce qui est déjà perdu et les pertes de productivité à venir, nous estimons que 1 million de prises ne seront pas installées cette année", continue-t-il.
Reprise en septembre
Pour autant, le secteur, réuni dans l’association InfraNum, a évité un arrêt total de son activité : "Les entreprises sont tombées à 40 % de leur activité nominale au plus fort du confinement", estime Etienne Costes. Cette continuité de l’activité, même réduite, leur permet d’envisager un retour à la normale relativement rapide : 90 % des entreprises l’anticipent pour le 11 septembre. "L’objectif est de revenir à un fort volume d’activité à la rentrée ou au début de l’année prochaine, argue l’associé d’EY. Car la demande à venir sera très élevée."
Conséquence directe de la baisse d’activité, près de 30 % des 150 entreprises interrogées déplorent des soucis de trésorerie. Des pertes de revenus, principalement dues aux difficultés de déplacement et à l’annulation de chantiers, auxquelles s’ajoutent un surcoût de production des prises fibre, estimé entre 11 et 17 % par rapport à la normale. "La majeure partie de ce surcoût est imputée au déploiement des prises, avance Etienne Costes. Il y a eu beaucoup de dédoublement du matériel des techniciens, des véhicules, de mesures d’encadrement, …"
Tenir les engagements du secteur
L’étude a par ailleurs listé quelques grands axes permettant de dessiner un plan de reprise, qui sera présenté le 25 juin. Sont proposés, entre autres, la qualification de la filière comme « essentielle », le soutien financier et l’allègement des charges des entreprises ou encore le gel des pénalités de retard sur certains chantiers. Autant de leviers pour tenter de rattraper le retard et parvenir à tenir les engagements du plan Très haut-débit (THD), qui prévoit la couverture de l’ensemble du territoire d’ici à 2022.



