Le processeur trois-en-un Prodigy accélère le calcul intensif, en modérant sa consommation énergétique

Le processeur Prodigy se démarque par sa polyvalence, en combinant les fonctions d’un CPU, d’un GP-GPU et d’un TPU. Le slovaque, qui en est à l’origine, s’attaquera au marché du calcul intensif l’an prochain.

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Tachyum
La plateforme d'évaluation du processeur Tachyum peut être précommandée depuis le 1er juin.

Avec son processeur «universel » Prodigy, la société slovaque Tachyum a été l’une des attractions du salon ISC High Performance, qui s’est achevé ce jeudi 2 juin à Hambourg (Allemagne). Prodigy est en effet un processeur trois-en-un conçu pour le calcul intensif, le Big Data et l’IA: il combine les fonctions d’un processeur scalaire classique (CPU), d’une puce graphique à usage générique (GP-GPU), qui accélère les opérations vectorielles, et d’une unité type «tenseur » (TPU) dédié aux opérations matricielles.

Tachyum compte parmi ses conseillers de beaux noms, comme Steve Furber, le père de l’architecture ARM, et Fred Weber, ancien directeur technique d’AMD. Le marché du supercalculateur est ciblé dans un premier temps, avant celui des hyperscalers (Google, Amazon, Alibaba et autres). Les premiers échantillons de Prodigy seront produits à compter du troisième trimestre 2022 par le fondeur taïwanais TSMC, avec une finesse de gravure de 5 nanomètres. Les livraisons sont prévues au premier semestre 2023.

Le design spécifique de Prodigy répondrait en premier lieu à la problématique du faible taux d’usage des serveurs, qui accroît en conséquence leur coût total de possession. «Sur un cycle de 24 heures, ce taux d’utilisation est inférieur à 50%, explique Radoslav Danilak, cofondateur et président de Tachyum, qui s’appuie sur des statistiques de Facebook. Mais le temps d’inactivité ne peut être mis à profit pour le calcul intensif ou l’IA, car les serveurs ne bénéficient pas de processeurs en adéquation.» Sauf si ces serveurs embarquent des processeurs à tout faire nommés Prodigy.

Une consommation électrique de trois à six fois inférieure

Ensuite, concernant l’enjeu de plus en plus crucial de la consommation énergétique, Prodigy serait de trois à six fois moins gourmand que des puces concurrentes (Intel Xeon, AMP Epyc…), à niveau de performance égal. Il est également fait mention du raccourcissement des liaisons électriques, qui tendent à contrecarrer la vitesse grandissante des transistors. Et ceux de Prodigy, aidés par cette architecture unifiée, vont très vite, à en croire les benchmarks publiés par le concepteur. 

Equipé de 128 cœurs qui pulsent à une fréquence maximale 5,7 GHz, Prodigy, passé au crible du logiciel Specrate 2017 Integer, serait par exemple quatre fois plus rapide qu’un Intel Xeon Platinum 8380. Et ses performances en virgule flottante (FP64) seraient quatre fois supérieures à celles du H100 de nVidia. La plateforme d’évaluation au format standard 2U, qui peut être précommandée depuis le 1er juin, pourrait permettre de vérifier ce que ce processeur a dans le ventre.

Si Prodigy est doté de son propre jeu d’instructions, il peut exécuter des binaires x86, ARM et RISC-V et l’émulation logicielle est possible avec Qemu notamment. Les principaux logiciels qui font battre le cœur du cloud – Apache, PHP, Python… - ont été compilés pour fonctionner de manière native.

Voici donc un nouvel arrivant qui a l’ambition de faire de l’ombre au trio Intel/AMD/nVidia, ou encore à Fujitsu. Bien qu’européen, il ne participe pas au consortium European Processor Initiative (EPI), qui développe un processeur «made in Europe ». «Cette initiative est actuellement à un stade où elle n'accueille plus de nouveaux membres » indique Matej Demes, en charge du marketing chez Tachyum. Mais les deux parties sont en contact et, Tachyum se montrant intéressée, la situation pourrait changer.

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