SiPearl a la cote. A l’origine d’un processeur généraliste (CPU) destiné au marché du calcul intensif, la start-up française a annoncé le 8 juillet la clôture de son tour de table de série A : une dernière tranche de 32 millions d’euros, s’additionnant aux 90 millions levés au printemps 2023 (75 millions dans les faits) et aux 23 millions de décembre 2024. Soit un total de 130 millions, le plus important pour une entreprise européenne fabless (sans capacité de production) dans la filière des semi-conducteurs, indique SiPearl. Le français s'affiche en champion européen dans ce secteur d’activité stratégique, que l’Europe veut reconquérir par souci de souveraineté.
Deux organismes publics et un investisseur privé ont participé au complément : le Fonds européen pour l’innovation (EIC), mis en place par la Commission européenne, l’Etat français, par l’intermédiaire de French Tech Souveraineté, ainsi que Cathay Venture, un capital-risqueur taïwanais. Le lancement d’une série B est évoqué.
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L'inférence en ligne de mire
Ces 32 millions d’euros supplémentaires financeront particulièrement la phase de production du CPU Rhea1, confiée au fondeur taïwanais TSMC, le leader du secteur. La finesse de gravure est de 6 nanomètres. Les premiers échantillons sont attendus début 2026. Rhea1 sera au cœur de Jupiter – ce qu’on savait déjà -, le premier supercalculateur exaflopique européen, dont Eviden assure la conception. La mise en œuvre de Jupiter est en cours au centre de calcul de Jülich, en Allemagne.
Rhea1 équipera précisément la partition Cluster, qui ne contient que des CPU. La partition Booster, centrée sur les puces graphiques (GPU), est d’ores-et-déjà en place. Elle comporte 24000 systèmes GH200 de Nvidia, qui contribueront à l’entraînement des grands modèles de langage (LLM), très exigeant, et aux simulations numériques les plus intensives. Une puissance de calcul qui vaut à Jupiter de se classer au 4e rang des supercalculateurs les plus rapides au monde, d’après un communiqué du centre Jülich, le 10 juin dernier.
Avec sa puce à 80 cœurs et 64 Go de mémoire à haute bande passante, SiPearl vise autant les usages traditionnels du calcul intensif que l’inférence des LLM, en pleine croissance. Le français parie sur l’architecture Arm à basse consommation pour proposer une efficacité énergétique que ne pourront égaler les architectures x86 des puces Intel et AMD. Arm, qui a déjà fait ses preuves dans le secteur du smartphone, fait partie du conseil d'administration de SiPearl. L’écosystème logiciel – compilateurs, librairies… – réservé à cette architecture a progressé au point que celle-ci est désormais viable pour les supercalculateurs.



