Litims, ou laboratoire d’innovation technologique pour l’immersion multi-sensorielle : c’est le nom du nouveau laboratoire commun annoncé ce 30 juin par l’Agence nationale de recherche (ANR), le CNRS et Immersion, entreprise d’origine bordelaise. Son financement est prévu jusqu’à fin 2029. L’ANR participe à hauteur de 363000 euros et la Région Sud-Provence-Alpes-Côte-d’Azur ajoute un complément de près de 200000 euros. Immersion contribue au projet en mobilisant une partie de son équipe R&D.
Le Litims réunit les expertises d’Immersion, spécialisée dans la réalité immersive, et du laboratoire Perception-Représentations-Image-Son-Musique, ou Prim (CNRS/Université Aix Marseille), implanté dans la cité phocéenne. L’objectif est de mettre sur pied une plateforme technologique pour inventer et prototyper des applications novatrices de réalité immersive, enrichies par les sens de l’ouïe et du toucher.
Son 3D et sol vibrant
De là vient la notion d’immersion multi-sensorielle, qui améliorerait la perception des univers virtuels. De l’aveu des porteurs de ce labcom, les modalités sonores et vibratoires restent les parents pauvres des systèmes immersifs, la modalité visuelle étant omniprésente pour sa part.
D’après le communiqué, plusieurs défis technologiques sont à surmonter pour que cette plateforme prenne corps, à commencer par l’intégration du son multi-voies, ou 3D. Pour plancher sur le sujet, le laboratoire Prism a l’avantage d’être déjà bien outillé à l’image de ses spacieuses chambres anéchoïques.
Par ailleurs, un système pour générer un son 3D à partir de 42 haut-parleurs a déjà été mis en œuvre sur place et servira de preuve de concept. Il est également question de couplage à un équipement qui transmet des vibrations par le sol et de veiller à l’interopérabilité de toutes ces technologies.
Un intérêt pour la recherche fondamentale et l'industrie
Les résultats obtenus par le Litims pourraient être utiles à la conception de nouvelles interfaces homme-machines, aux filières culturelles et créatives ou encore aux outils de communication à distance. Du reste, Immersion espère en tirer profit pour ses produits et services, dont Shariiing, son offre de plateforme collaborative. Des applications industrielles sont également envisageables, ce qui implique de veiller à ce que la méthodologie de conception de la plateforme immersive soit adaptable à ce type d’environnement.
Enfin, les chercheurs comptent sur les moyens fournis par ce labcom pour faire progresser les connaissances fondamentales sur les interactions multimodales d’un humain avec un espace virtuel ou augmenté. Jusqu’à présent, indique le communiqué, très peu d’études scientifiques tenant compte de plus de deux modalités sensorielles ont pu être menées, les systèmes étant complexes et coûteux à construire.



