Iten franchit un cap technologique inédit : sa batterie pour petits appareils électroniques Powency est désormais capable d’une décharge de 200C, soit 100 fois celle d’une batterie lithium-ion aux dimensions similaires. La start-up française installée à Dardilly (Rhône) entend ainsi répondre, d’après un communiqué du 18 avril, aux « besoins croissants de puissance et de miniaturisation des systèmes électroniques, en partie pour les objets connectés, capteurs autonomes et appareils intelligents ». Un partenariat avec la start-up française Baracoda, spécialisée dans les objets connectés de santé et de salle de bains, comme les miroirs et brosses à dents connectés, avait été annoncé le 16 avril.
D’après Vincent Cobée, PDG d’Iten, la capacité inédite de la batterie miniature Powency à se décharger rapidement permet de répondre aux demandes croissantes d’énergie – délivrée par pics élevés sur des périodes très courtes – des systèmes électroniques d’objets connectés et autres capteurs. « Un protocole de communication Bluethooth va par exemple représenter un courant de l’ordre de la dizaine de milliampères pendant 50 millisecondes. Le reste du temps, sa consommation est très limitée », détaille-t-il. D’après un communiqué d’Iten, sa nouvelle batterie permet de délivrer un courant de 30 milliampères durant 50 millisecondes. Par ailleurs, Vincent Cobée assure que sa batterie solide se charge en moins de 10 minutes, une performance notable lorsque comparée aux quelques heures nécessaires à la charge d’une batterie commerciale similaire.
Céramiques et métaux non-critiques
Iten a misé sur la technologie des batteries solides pour concevoir et fabriquer Powency. Trois avantages majeurs sont à l’origine de ce choix, d’après Vincent Cobée : la sécurité, la durabilité et les performances élevées. « Une batterie solide ne gonfle pas lorsqu’elle chauffe, ne prend pas feu ou n’explose pas. Ce sont des batteries qui ne se détériorent pas avec le temps, et qui nécessitent moins de précautions à la charge », détaille le PDG d’Iten. « Notre parti pris a été d’utiliser des céramiques poreuses à base de nanoparticules, nous permettant d’avoir un accès rapide à la matière active à la fois durant la charge et la décharge », poursuit-il.
Des matériaux tels que le manganèse, le phosphate et le titane ont été utilisés pour concevoir les électrodes et l’électrolyte solide de la batterie, dans un but de s’éloigner de l’utilisation de métaux critiques. « Nous n’utilisons pas de cobalt, ni de solvants lourds, pour que nos batteries soient adaptées à un besoin important de micro-électronique », détaille Vincent Cobée, qui souligne qu’il existe aujourd’hui dans le monde 70 milliards d’appareils de la sorte. Et d‘avancer : « Tant dans leur création que leur usage et leur recyclage, nos batteries ne présentent pas de danger pour l’environnement ».
Une nouvelle usine et 100 millions de batteries produites par an comme perspectives
Sur sa ligne de production pilote de Dardilly, Iten entend concevoir jusqu’à 30 millions de batteries d’une intensité de courant comprise entre 150 et 500 microampères à partir de 2026. Une levée de fonds pour la construction d’une usine a été lancée et avec elle, de nouvelles ambitions de production. « L’usine que nous souhaitons construire sera capable de fabriquer 100 millions de batteries d’une intensité de courant pouvant aller jusqu’à 400 milliampères, donc on multiplie le nombre de batteries par 3, mais la taille par 50 en moyenne », commente Vincent Cobée. L'entrée en production de l’usine est prévue pour 2028.



