Des centrales inertielles précises, miniatures et très économiques ? C’est le projet de la deeptech Ingage, dont le CEA-Leti a annoncé la création mi-avril – et dont l’immatriculation n’est pas encore effective à ce jour. Sous le nom de NG.Sense, la start-up avait remporté le concours d’innovation I-Lab en 2024.
A l’intérieur d’un objet mobile, une centrale inertielle, équipée d’accéléromètres et de gyroscopes sur trois axes (voire de capteurs de pression pour l’altitude), améliore la précision des systèmes de positionnement par satellite et prend le relais quand ce signal est coupé dans un bâtiment, dans un tunnel, etc. Les systèmes actuels sont soit performants, mais volumineux et coûteux, soit de petite taille sous forme de micro-systèmes électromécaniques (MEMS) et peu onéreux, mais imprécis.
Une sensibilité 10 fois meilleure
Ingage a l’intention de mettre un terme à ce compromis avec un dispositif combinant MEMS et NEMS (un MEMS à l’échelle nanométrique), en l’occurrence des nano-jauges piézoélectriques dont la variation de résistance traduit les contraintes mécaniques induites par des accélérations et des rotations. Par rapport à des centrales inertielles MEMS fondées sur des technologies capacitives (variation de capacité électrique entre deux plaques), la sensibilité serait 10 fois meilleure, d’après Ingage. La robotique industrielle est le premier marché visé, puis celui des systèmes d’aide à la conduite pour les véhicules autonomes.
La deeptech met à profit 15 ans de recherches au CEA-Leti et collabore avec l’Ecole polytechnique de Milan. Elle est dirigée et a été cofondée par Philippe Robert, un ancien du CEA-Leti qui jouit de 25 années d’expérience sur le sujet des MEMS. Le concept ayant été démontré, Ingage espère lever des fonds pour développer ses premiers prototypes. Yole Development estime que le marché des MEMS pour les applications de centrale inertielle et de capteur de pression pèsera, à l’échelle mondiale, 2 milliards d’euros en 2030.



