A Global industrie, la spin-off du CEA Wormsensing sacrée « jeune pousse de l’année » pour son capteur piézoélectrique

Start-up issue du CEA-Leti, Wormsensing a développé un capteur de vibrations basé sur une technologie piézoélectrique. Récompensée par le prix « Jeune pousse de l’année » au salon Global industrie, l’entreprise grenobloise réunit désormais tous les ingrédients de la crédibilité industrielle.

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Pouvant être produit en masse, le capteur Dragonfly de Wormsensing, récompensé au salon Global industrie du prix "jeune pousse", atteint désormais la maturité technologique de niveau TRL 9.

« Nos capteurs permettent de révéler l’invisible », résume Lamine Benaissa, cofondateur de Wormsensing. Le 11 mars, l’entreprise a été nommée « Jeune pousse de l’année » au salon Global industrie à Eurexpo Lyon, réunissant les industriels de toute l’Europe. Spin-off du CEA-Leti fondée en 2020, Wormsensing conçoit des capteurs de vibrations capables d’une précision record, jusqu’à 1000 fois plus élevée que d’autres capteurs commercialisés, assure la start-up.

« Les problématiques auxquelles nous nous adressons sont les défaillances mécanique et vibratoire », complète l’ingénieur de formation. « Ce sont des vieilles problématiques, les ingénieurs ont toujours surveillé leurs machines. Néanmoins, l’offre existante montre ses limites ».

« Servir de manière agnostique toutes les industries »

L’innovation principale apportée par Wormsensing réside dans une fine couche piézoélectrique dont la composition reste secrète. Baptisé Dragonfly, le capteur est capable de mesurer des fréquences de vibrations comprises entre le mHz et le kHz. « Un matériau piézoélectrique a cette propriété formidable de générer un signal électrique lorsqu’il se déforme », résume Lamine Benaissa. « Cet élément sensible, nous sommes capables de le produire en volume avec une très haute qualité et une maîtrise parfaite ».

Par ailleurs, le capteur Dragonfly est installable « absolument partout », et directement sur l’appareil dont il faut mesurer les vibrations, toujours d’après le cofondateur de Wormsensing. « C’est une raison expliquant les limites que nous dépassons : les solutions existantes aujourd’hui, tels que les accéléromètres, sont des capteurs dans des boitiers rigides ». L’aérospatial, la chimie, le secteur pharmaceutique… « Toutes les verticales industrielles sont en demande de capteurs performants », analyse Vincent Bouillet, spécialiste de l’expérimentation vibratoire à Wormsensing.

Déjà partenaire d'Airbus, EDF, Renault

L’entreprise est déjà partenaire d’Airbus, d’EDF ou encore de Renault. En 2024, un stress test a été mené suite à l’inauguration de la première ligne de production de Wormsensing : environ 2 millions de capteurs pourraient être produits chaque année dans un régime soutenable. « L’ambition de l’entreprise, c’est de servir de manière agnostique toutes les industries, amorcées dans le concept d’industrie 4.0 et conscientes de l’importance de la surveillance accrue de leurs machines », explique le cofondateur de Wormsensing.

Forts de cette visibilité nouvelle obtenue par le prix « jeune pousse », les dirigeants de Wormsensing ambitionnent une levée de fonds courant 2025. « Nous avons franchi une première étape industrielle. Notre premier frein était celui de la capacité industrielle. Avec le stress test, nous avons démontré que notre technologie était disponible de manière industrielle. Maintenant, l’accent est porté sur le développement de l’entreprise. Cette levée de fonds aura pour principal objectif d’accroître notre visibilité et notre développement commercial à l’international », détaille Lamine Benaissa. Le cofondateur espère lever quelque 6 millions d’euros.

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