151 dollars le kilowattheure (kWh). Tel était le prix moyen d’une batterie à lithium-ion en 2022, selon BloombergNEF (BNEF), qui souligne une augmentation de 7% par rapport à 2021. Dans un rapport publié le 6 décembre 2022, le cabinet de recherche affirme qu’il s’agit de la première hausse des prix après plus de dix ans de baisse, soit la durée depuis laquelle BNEF suit ce marché. En cause, l'explosion des prix des matières premières, des composants de batteries, dont le lithium, et l’inflation plus généralement.
Cette augmentation s’est répercutée sur tous les secteurs, de l’automobile électrique au stockage d’énergie. D’un point de vue géographique, c’est en Chine que les prix étaient les moins élevés cette année, avec un prix moyen de 127 dollars le kWh, soit 24 et 33 % de moins qu’aux États-Unis et en Europe. Un écart qui s'explique notamment par «l’immaturité relative de ces marchés», les coûts de production plus élevés et la diversité des applications et des importations des batteries.
La hausse globale du prix des batteries a eu lieu malgré le recours à des alternatives plus abordables telles que les batteries lithium-fer-phosphate (LFP), dont les cellules étaient, en 2022, 20 % moins chères que celles en nickel-manganèse-cobalt. Cependant, même le LFP, particulièrement exposé aux prix du carbonate de lithium, a vu son coût progresser de 27 % en 2022 par rapport à l’année précédente.
moins de 100 dollars/kWh d’ici 2026
Pour Evelina Stoikou, auteure principale du rapport, «les grands fabricants de batteries et les constructeurs automobiles se tournent vers des stratégies plus agressives pour se protéger de la volatilité, notamment en investissant directement dans des projets d'extraction et de raffinage».
En 2023, toujours selon BNEF, les prix des batteries lithium-ion devraient s’élever à 152 dollars le kWh, puis commencer à diminuer en 2024, lorsque de plus grandes quantités pourront être produites. Ils devraient passer sous la barre des 100 dollars/kWh en 2026, soit un retard de deux ans par rapport aux prévisions du cabinet d’étude. Un décalage qui pourrait impacter négativement la production de véhicules électriques non subventionnée et nuire à la rentabilité des projets de stockage d’énergie.



