La filière d’infrastructures numériques présente ce 2 juillet 2020 à Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, son plan de relance. L’enjeu est double. Le premier est de remettre sur pieds une filière industrielle durement affectée par la crise sanitaire du Covid-19 avec une baisse de 36 % du chiffre d’affaires pendant la période de confinement et des difficultés de trésorerie pour 30 % de ses acteurs.
Le second est de rattraper le retard de déploiement du très haut débit. Rien que dans la fibre optique jusqu’à l’abonné, l’étude confiée aux cabinets EY et Tactis estime ce retard à 1 million de prises en raison de la baisse du rythme de déploiement lors de la période de confinement.
Bond de 30 % du trafic sur les réseaux
Selon le Conseil national de l’industrie, la filière d’infrastructures numériques compte 13 000 entreprises, 280 000 salariés et 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Elle est confrontée aux défis d’achever la couverture de 100 % du territoire par le très haut débit, d’accompagner l’explosion des usages numériques (télétravail, téléenseignement, télémédecine…), de valoriser ses métiers auprès des jeunes et de préparer des relais de croissance après la fin du plan de très haut débit, notamment par le développement de l’export.
La crise du Covid-19 a mis en lumière l’importance stratégique des infrastructures numériques avec un bond de 30 % du trafic sur les réseaux télécoms pendant la période de confinement lié au développement du télétravail, des jeux vidéo et du streaming vidéo. La filière réclame au gouvernement le statut d’activité « essentielle » qui lui donnerait les moyens juridiques d’assurer la continuité de ses activités en toutes circonstances.
Reprise timide de l'activité
Alors que l’activité de la filière est tombée à moins de 50 % pendant la période de confinement, la reprise reste timide avec un retour de l’activité à 70-75% de son niveau normal aujourd’hui et de 90 % à la rentrée. Selon l’étude EY-Tactis, compte tenu du plafonnement de la capacité de production, il sera difficile d’atteindre les objectifs 2022 du plan de déploiement du très débit.
La filière fait cinq propositions de relance, dont la généralisation de la technologie de fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH pour Fiber to the home) à tous les foyers français d’ici 2025, alors que le plan initial s’appuie sur un mix de technologies. Cette proposition implique l’installation de 3 millions de prises à fibre optique supplémentaires. Le plan est estimé à 11,2 milliards d’euros, dont 7 milliards d’euros à la charge des pouvoirs publics (Etat, collectivités locales et Europe).
Etude Ey-Tactis 


