Le nouveau viseur stellaire de Sodern pointe les étoiles même en plein jour

Présenté au salon du Bourget du 19 au 25 juin 2023, le nouveau prototype de viseur stellaire de Sodern, filiale d’ArianeGroup, est capable de détecter les étoiles en plein jour. Au lieu d’équiper les satellites, ce système, couplé à une centrale inertielle, peut donc fonctionner à la surface du globe et aider au géopositionnement des navires et des avions. En particulier si les signaux GPS/Galileo sont leurrés ou brouillés.

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Comme tous les viseurs stellaires, ce prototype se base sur les éphémérides des étoiles pour calculer la position et l'orientation du porteur. Il est couplé à une centrale inertielle dont il peut recalibrer progressivement les données, du moment que les étoiles soient visibles.

Distinguer les étoiles… mais en plein jour. Voilà de quoi est capable le prototype de viseur stellaire diurne présenté par Sodern, filiale d’ArianeGroup (et aussi du CEA à hauteur de 10%), au salon du Bourget qui s’est achevé ce 25 juin 2023.

« Un viseur d’étoile est une caméra qui, dans son champ de vision, repère des étoiles pour déterminer l’orientation du porteur, explique Jean-Marc Espinasse, directeur innovation et stratégie à Sodern. Il est à peu près utilisé sur tout type de satellite, sauf les plus petits, dont il sert à contrôler l’attitude. » Le missile intercontinental français M51 en fait aussi l’usage.

L’innovation de Sodern, qui pourrait être commercialisée à partir de 2025-2026, peut quant à elle opérer en plein jour et à la surface du globe – ou non loin de là –, à bord de navires ou d’avions, les aidant à se positionner et à naviguer. En l’absence des conditions d’observation idéales que présente l’espace, ce viseur stellaire réussit néanmoins à percer le bleu du ciel et s’accommode de l’atténuation et des divers aléas de la couche atmosphérique, ainsi que du hublot (car il faut bien protéger l'appareil) sur sa ligne de visée.

« Voir les étoiles de jour, c’est inédit à mon sens », allègue Jean-Marc Espinasse. Quelle est la méthode employée ? Sodern, prétextant la concurrence, ne dit rien du capteur et du traitement d’image appliqué afin que les étoiles fassent leur apparition sur l’image dans le champ de la caméra.

Des essais « très satisfaisants »

L’entreprise indique cependant travailler sur le concept depuis 2016. A l’initiative de l’Agence de l’innovation de défense (AID), et ceci dans le cadre du projet Vision, les premiers essais impliquant Safran ont été conduits en 2020, en vol et à l’Observatoire du Pic du Midi. Les résultats ont été « très satisfaisants », selon un communiqué de l’AID publié en 2021, qui conclut qu’une « estimation précise de la position de l’avion a pu être obtenue ».

La mention de l’AID suggère que cette technologie n’a pas été élaborée pour émerveiller les astronomes. « Elle ne peut pas être brouillée ni leurrée, confirme en creux Jean-Marc Espinasse, contrairement aux signaux GPS et Galileo. Ce qui est de plus en plus fréquent. »

On peut rétorquer que ce viseur stellaire ne fera pas de miracle si jamais le ciel est bouché. Mais, à bord d’un aéronef militaire ou civil, il est vrai qu’il évoluera la plupart du temps au-dessus de la couche nuageuse.

Qui plus est, ce viseur ne travaille pas seul : il est couplé à sa propre centrale inertielle ou à celle de l’appareil, dont il peut corriger les éventuelles dérives, du moment que les étoiles soient visibles. Dans le cas contraire, la centrale inertielle est toujours en mesure de fournir une position.

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