Depuis le 1er février 2022, le nouveau Suez n’a pas perdu de temps. Reparti avec une nouvelle direction présidée par Sabrina Soussan, fort d'un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros et 35 000 salariés, il doit atteindre un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros avec 44 000 salariés quand les dernières cessions d'actifs post-fusion seront finalisées. En attendant, il continue d'engranger les contrats.
«Suez vient de remporter son plus gros contrat jamais gagné en Inde», annonce ce 27 septembre Sabrina Soussan, PDG de Suez. Il s’agit d’un contrat de 700 millions d’euros décroché auprès de la Municipal Corporation of Greater Mumbai (MCGM) pour la conception, la construction et l’exploitation d’une usine de traitements des eaux usées d’une capacité de 500 000 m3 dans le quartier de Worli (2,5 millions d’habitants). Le contrat porte sur une durée de 20 ans.
Doubler les investissements
Ce 27 septembre, en plus de cette bonne nouvelle, la nouvelle patronne de Suez a présenté la nouvelle stratégie 2023-2027. En rappelant que le marché mondial de l’eau était estimé à 800 milliards d’euros et celui des déchets à 1400 milliards d’euros, elle a insisté sur le fait que son groupe était présent sur ces deux marchés très porteurs et devait «rester sur deux jambes». Mais la part des activités digitales devrait doubler en 2027, alors qu’elle représente aujourd’hui 5% du chiffre d‘affaires. Pour se développer, la direction de Suez a le soutien de ses actionnaires (GIP, Meridam, Caisse des Dépôts et CNP assurances) qui vont doubler les investissements – ils atteindront 860 millions d’euros supplémentaires entre 2023 et 2027 par rapport à la période précédente - et augmenter de 50 % les efforts en R&D. «On peut encore faire plus et on va faire plus dans l’innovation», prévient la PDG de Suez. Et de citer comme piste de travail les micropolluants dans l’eau et la digitalisation dans la gestion des déchets, notamment avec l’IA.
Géographiquement, le groupe français prône la sagesse. En effet, il faudra d’abord digérer les trois acquisitions post-fusion (IWS en France pour le traitement des déchets dangereux, EnviroServ en Afrique du Sud pour la gestion des déchets et surtout Suez R&R au Royaume-Uni que Veolia a dû lui céder très récemment dans le recyclage et la valorisation des déchets) qui devraient être finalisées d’ici la fin de l’année. «Nous voulons nous focaliser sur les régions du monde [France, Royaume-Uni, Italie, Chine, Inde, Australie, Moyen-Orient et Afrique] où nous sommes présents avant de nous éparpiller, prévient Sabrina Soussan. Même si nous pouvons nous servir de notre base au Maroc, au Sénégal et en Afrique du Sud pour prospérer dans d’autres pays africains. Nous sommes sur une trajectoire record. Suez est de retour.»

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Ouvrir le capital aux salariés
L’objectif sur ces cinq ans est d’avoir un chiffre d’affaires en augmentation annuelle de 4 à 5 % et par conséquent de dépasser rapidement un chiffre d affaires de 10 milliards d’euros. Dans le même temps la répartition des activités entre la France et l’international, qui est actuellement de 75/25 en matière de chiffre d'affaires, devra être plus équilibrée avec 40% pour les résultats hors de l’Hexagone.
De même le rapport entre l’eau et les déchets actuellement de 55/45 devra être inversé. La profitabilité du groupe devra également fortement augmenter, car elle devra croître plus vite que le chiffre d’affaires. Et la création de valeur devra profiter à tout le monde, à commencer par les salariés qui restent très attachés à l’entreprise, malgré les soubresauts de la fusion avec Veolia. Dès cette année, 3% du capital sera détenu par les salariés et à un horizon situé entre 5 et 7 ans cette part devrait atteindre 10%.



