Le groupe Kramer, fabricant de robinetteries sanitaires moyennes et haut de gamme, reprend à Kohler l’usine Jacob Delafon à Damparis (Jura), le dernier céramiste de sanitaire français. Cette reprise s’accompagne de recrutements donnant la priorité aux anciens salariés du site. « Nous estimons à soixante-dix personnes environ nos besoins pour la première année », explique Manuel Rodriguez, dirigeant du groupe Kramer.
D’ici à cinq ans, le repreneur prévoit de dépasser les 150 salariés sur le site pour l’activité céramique, mais n’exclut pas d’intégrer d’autres secteurs, notamment liés à la robinetterie dans l’usine de Damparis. Kramer, installé à Etain dans la Meuse, emploie actuellement 112 salariés pour un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2020.
Recentrer la production
En faisant l’acquisition de l’usine Jacob Delafon, le groupe Kramer, dont l’activité commerciale repose à 60% sur les marques de distributeurs, entend proposer une solution de sanitaires complète et ne plus se limiter à la robinetterie. La création d’une nouvelle filiale, la société « Jurassienne de Céramique Française » vise à renforcer la présence de l’entreprise dans l’univers de la salle de bain.
« Nous allons aussi développer notre marque premium, Horus, avec des produits plus sophistiqués. Nous repenserons la production autour de moins de modèles », précise Manuel Rodriguez. Le site Jacob Delafon produisait jusqu’alors entre 100 000 et 120 000 pièces par an, autour de 350 références. Une fois passée sous les couleurs du groupe Kramer, l’usine devrait concevoir les mêmes quantités, mais en grande série pour réaliser une quinzaine de modèles seulement. « 20% des volumes réalisés seront consacrés au haut de gamme », complète le repreneur.
Pour adapter l’outil de production et réaliser les investissements nécessaires sur les 56 000 mètres carrés, le groupe Kramer estime à 5 millions d’euros, sur cinq ans, l’enveloppe nécessaire. Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a voté une subvention de 850 000 euros pour que Kramer puisse acquérir l’outil de production, et une seconde de 600 000 euros destinée au Grand Dole pour permettre le rachat des bâtiments de l’usine. « La communauté de communes louera ensuite les locaux à Kramer » explique Manuel Rodriguez.



