« Le bon sens paysan. » Depuis plus d’un demi-siècle, le Groupe ITA (industries et techniques d’ameublement), membre de la communauté du Coq Vert créée par Bpifrance, produit, innove et repense le moulage du bois et de la mousse. En partenariat avec l'ADEME et le ministère de la Transition écologique, la communauté Coq Vert a pour vocation de mettre en relation des entrepreneurs engagés. À travers ses filiales spécialisées, Moulding Process et ITA Solutions, la PME poursuit aujourd’hui sa croissance grâce à la diversification de ses gammes, et met son savoir-faire industriel au service de plusieurs secteurs : le spectacle avec les sièges de théâtre ou de cinéma, l’agencement avec le siège de bureaux et le mobilier d’accueil et d’espace de convivialité, le ferroviaire, le médical, le nautisme, l’industrie, les véhicules de loisirs et le bâtiment avec des composants pour la construction. Les créations se retrouvent notamment au sein du palais de justice de Paris, ou dans les rames de TGV.
Au regard de la réglementation RE2020, qui impose l’utilisation de matériaux à bas carbone dans les constructions, c’est aujourd’hui le secteur du bâtiment qui ouvre de nouvelles perspectives à l’industriel.
Respect, cohésion et détermination
Chaque année, quelque 800 000 pièces sortent de dix presses de 125 à 2200 tonnes et des quatre carrousels de moulage installés dans les ateliers de Séverac-le-Château (Aveyron) et d’Hagetmau (Landes). Les 70 salariés traduisent la montée en puissance du groupe régional dont le chiffre d’affaires atteint désormais les 9 millions d’euros.
Dix ans après sa renaissance autour d’un projet collaboratif porté par Vincent Nassiet et Freddy Vandenbossche, le groupe ITA conforte ses valeurs autour du respect, de la cohésion et de la détermination. La stratégie a été saluée par le Prix EY, en tant que lauréat dans la catégorie « Start-up de l’Année 2019 » en Occitanie, décerné par Ernst&Young. A présent, le développement de l’entreprise est appelé à se conjuguer à l’échelle européenne.
Des enjeux de transformation
Malgré la crise sanitaire et l’inflation des coûts, l’industriel continue en effet d’investir dans des solutions techniques toujours plus innovantes. Mais l’enjeu énergétique cristallise l’attention des dirigeants. En lien avec Bpifrance, la mise en œuvre d’un « diag eco-flux » a permis d’identifier les axes de progrès afin de réduire les pertes en énergie. Le recours à la biomasse permettra de sécher le bois. L’installation de panneaux photovoltaïques couvrira à terme la moitié des besoins en électricité du groupe. L’évolution représente un sujet de transformation dont la vitesse surprend Vincent Nassiet, président du Groupe ITA.
Engagé dans le même temps dans une démarche de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) définie avec l’appui de Bpifrance et de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) locale, l’industriel n’a pas hésité à calculer le cycle de vie des produits assemblés. Les données figurent dans la fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) accessible aux consommateurs. En ce sens, le recours à des matières premières comme le bois (en lieu et place du béton ou du plastique) à travers un approvisionnement dans un périmètre de 100 km autour des usines permet de fabriquer des produits quasi décarbonés, souligne le dirigeant.
Utiliser le moins de matériaux possible
Loin des effets d’annonce, l’ADN du groupe repose sur des process de moulage écoresponsable, rappelle-t-il. Réduire les déchets suppose de transformer le moins de matériaux possible. Utiliser la juste quantité de matière nécessaire est une question de bon sens, pour Vincent Nassiet. La réflexion se traduit par des produits plus légers et moins épais. Les pièces en mousse ne pèsent désormais plus que quelques centaines de grammes. « Nous revalorisons l’ensemble de nos déchets qu’il s’agisse du bois ou de la mousse. Nous avons modifié également nos process de moulage pour limiter les émissions de COV (composés organiques volatils) issues des colles. » Les installations qui répondaient à la directive Seveso sont soumises désormais à une simple déclaration des risques.
En lien avec les créateurs, de nouveaux matériaux de moulage sont aussi testés tels que la fibre de cacao et la drêche de bière comme alternatives au bois de palettes recyclées. L’ensemble se complète d’un bilan carbone (de scope 3) en cours de réalisation. L’implication du groupe a pris un nouveau relief cet été, avec sa présence au sein de la communauté du Coq Vert créée par Bpifrance. Elle représente l’occasion de partager des expériences et des savoirs inspirants pour le dirigeant et ses collaborateurs.
Travailler sur un temps long
Au cœur du Massif Central, à 15 km des gorges du Tarn, ou dans les Landes, l’omniprésence de la nature rappelle chaque jour l’enjeu de préserver les ressources, remarque Vincent Nassiet. L’engagement est au centre de leur marque-employeur. Elle est partagée par les salariés dont la nouvelle génération se révèle sensible à l’impact environnemental, et à l’écosystème local. « Nous travaillons en cluster en favorisant l’entreprenariat, nous indique-t-il. Nous avons par exemple relocalisé 80% de nos approvisionnements. Pour nous agrandir, nous utilisons des bâtiments promis à une friche industrielle plutôt que d’en construire de nouveau. » Pour le dirigeant, le vrai sujet est le temps. « Il faut travailler sur le long terme ».
Zéro déchet, réduction de la consommation énergétique et transmission des savoirs via des matrices de polyvalence, au sein du Groupe ITA les investissements d’aujourd’hui sont réalisés pour les générations de demain.
Contenu proposé par Bpifrance




