A Bourges (Cher), l’unité du groupe suédois Seco Tools prévoit d’ici à deux ans une croissance de 40% de son activité d’usinage de fraises à plaquette, qui équipent à l’échelle internationale des machines dans des secteurs variés: aéronautique, automobile, énergie, défense, agriculture... C’est l’effet direct d'une décision du groupe, leader mondial en outils d’usinage de précision, en réaction à l’évolution du marché: «Nous étions en surcapacité sur l’usinage des fraises à plaquette face à un marché stagnant, où la concurrence est féroce avec l’arrivée de marques lowcost» explique David Lapeyronnie, directeur de l’usine berruyère Seco Tools France.
La maison-mère a préféré fermer son unité suédoise située à Arboga (150 kilomètres à l’Ouest de Stockholm) pour transférer sa production sur les sites de Bourges dans le Cher, et Pune en Inde. «Le site de Pune étant privilégié pour sa capacité volumétrique, c’est à Bourges qu’est transférée l’activité à haute valeur ajoutée d’une grande technicité», détaille le directeur.
Le savoir-faire du site berruyer tient à la production d’outils de tournage et d’outils à plaquettes, qui sont des fraises standards et spéciales, outils d’usinage de révolution qui équipent des centres de fraisage pour diverses opérations (surfaçage, dressage, lamage…). Les applications industrielles sont variées dans des secteurs de pointe.
Transfert de six centres d’usinage et d’un nouveau procédé
Par effet de transfert, l’unité berruyère prévoit d’ici à 2024 une hausse de 40 à 45% de l’activité, soit un résultat (facturation au groupe) qui devrait atteindre 15 à 16 millions d’euros, contre 11,4 millions d'euros en 2022. «L’objectif de Seco Tools France est de passer de 64millions d’euros à plus de 70millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à deux ans», ajoute la direction. Le groupe suédois, qui figure parmi les leaders mondiaux de solutions d’outils coupants, réalise 750 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Le transfert des moyens de production en tournage et rectification sur le site de Bourges est en cours: «Nous accueillons six centres d’usinage 5 axes, ce qui porte notre parc machines à 22. Et nous intégrons un nouveau procédé, une cellule de durcissement de surface par laser», détaille David Lapeyronnie. Si les premières machines ont été réceptionnées, une partie des salariés berruyers se forment à Arboga avec leurs confrères suédois, pour une intégration en douceur sans arrêt de production. «Le site de Bourges a été entièrement réaménagé fin 2022 afin de gagner 30% de place dans l’atelier pour accueillir les nouvelles machines, sans fermeture.»
Ce transfert d'activité s’accompagne d’un plan de recrutement de 25 salariés, afin d’étoffer l’effectif du site qui compte 210 salariés, dont 85 en production, 12 en R&D et 113 aux fonctions support. Le site recherche 22 opérateurs et techniciens sur des postes de tourneur, fraiseur, magasinier, technicien industrialisation et programmeur; ainsi que trois ingénieurs (ingénieur logistique et deux ingénieurs industrialisation). «Nous avons réalisé des campagnes de recrutement (affichage, radio, jobboard et réseaux sociaux) et un job dating le 19 janvier avec nos partenaires locaux comme l’AFPI et Pole Emploi», explique la responsable RH, Morgane Delcourt, qui travaille à l’échelle du groupe pour accueillir des salariés suédois d’Arboga, dont le site fermera fin 2023. «Nous leur proposons des périodes de formation et transmission afin de favoriser leur mobilité», ajoute Morgane Delcourt, qui se réjouit que l’organisation en trois vagues de recrutement ait déjà permis l’accueil de six salariés à Bourges.



