Avril, le gros poisson. Le groupe spécialiste des huiles et des protéines végétales, connu par le grand public pour ses marques Lesieur et Puget, a annoncé mercredi 3 mai avoir entamé des négociations exclusives avec Axéréal en vue d'étoffer son activité dédiée à l'alimentation des animaux d'élevages. Cette activité est le fer de lance de sa branche "Solutions pour l'agriculture" qui pèse 1,9 milliard d'euros, sur un chiffre d'affaire global de 9 milliards d'euros pour l'exercice 2022.
Spécialisée dans ce secteur, sa filiale Sanders reprendra, si l'opération aboutit, la branche "élevage" du groupe coopératif et agroalimentaire Axéréal (4 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur son dernier exercice), qui collecte et transforme les céréales pour les revendre à des boulangeries, des brasseries mais aussi des élevages. L'opération inclut donc les 9 sites de production tricolores dédiés à la transformation des céréales en ingrédients pour les élevages (ainsi qu'un couvoir). La coopérative restera un fournisseur «stratégique» de matière première pour ces sites, qui compléteront les 23 unités de Sanders.
234 millions d'euros de chiffre d'affaires
«Ce projet s'inscrit pleinement dans notre dynamique de croissance», a commenté Jean-Philippe Puig, le directeur général du groupe Avril, cité par le communiqué. Sa filiale Sanders fournit déjà plus d'un éleveur sur six en France, soit 3,4 millions de tonnes d'aliments chaque année. L'absorption des activités dédiées chez Axéréal lui permettra de flirter avec les 4 millions de tonnes d'aliments. Cette branche a réalisé 234 millions d'euros de chiffre d'affaires sur le dernier exercice, mais le montant de son acquisition n'a pas été précisé.
«Nous souhaitons aujourd’hui permettre à nos activités nutrition animale de bénéficier d’un nouvel élan, nécessaire au développement de ces activités, qu’il nous semble raisonnable d’adosser à un groupe figurant parmi les leaders du secteur», ont aussi commenté les dirigeants d'Axéréal. Interrogé sur sa stratégie, le groupe reste flou quant à l'utilisation de cette future (probable) manne financière, évoquant par exemple «l'accélération (des projets) d'agriculture régénératrice aux côtés des producteurs» ou encore la «décarbonation» de ses sites de ses activités.



