La crise du Covid-19 sera-t-elle finalement un salut pour le site d’Hambach (Moselle) ? Alors que le groupe allemand Daimler a annoncé le 3 juillet son intention de se retirer de son site de production en France, en raison notamment de la crise, Ineos y entrevoit l’opportunité de dénicher l’usine dont il rêve. Le pétrochimiste britannique a dévoilé ce 7 juillet, à la veille d’un comité social et économique extraordinaire à Hambach, qu’il avait entamé des discussions avec Mercedes-Benz pour une éventuelle acquisition de l’usine française.
Aucune décision ne serait prise avant "quelques semaines", selon Ineos.
L’intérêt d’Ineos semble assez justifié. La reprise du site d’Hambach lui permettrait d’éviter de construire deux usines distinctes, l’une au Pays de Galles, l’autre au Portugal, et de se contenter d’un seul site pour son projet de construction en série d’un 4x4, baptisé le Grenadier, à partir de fin 2021. D’autant qu’avec la reconfiguration des lignes de production, vers des modèles Mercedes et non plus des Smart, le site français s’articulerait plutôt bien avec les besoins pour construire un 4x4, estime Ineos.
Nouvelles options grâce au Covid-19

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Autre avantage : mieux prendre en considération la surcapacité de production du secteur automobile. Dans un communiqué, Dirk Heilmann, PDG d’Ineos Automotive, indique que l’option de construire était bien celle sur la table mais "qu’en raison de la pandémie du Covid-19, de nouvelles options qui n’étaient pas envisageables surviennent désormais, comme celle de l’usine d’Hambach".
Aucun calendrier ni aucune précision du potentiel projet de reprise n’ont été divulgués à ce stade. Actuellement, les seuls paramètres disponibles demeurent les données envisagées par Ineos pour son projet de 4x4. Le groupe avait précisé que son objectif était de construire en série à hauteur de 25 000 véhicules par an à partir de la fin 2021. A titre de comparaison, l’usine d’Hambach, inaugurée en 1997 a produit jusqu’à présent 2 millions de Smart Fortwo, soit près de 90 000 véhicules par an.
600 millions de livres, 500 emplois au moins en vue
Le projet Grenadier, évalué à 600 millions de livres (près de 670 millions d’euros) d’investissements, s’articulait jusqu’à présent autour de la construction de deux sites. Une usine principale était prévue à Bridgend, au Pays de Galles, avec la création de 200 postes au démarrage et une montée à 500 emplois à plus long terme. Ce qui est loin des effectifs de l’usine d’Hambach, de 1 600 salariés. Une seconde usine devait être construite à Estarreja, au Portugal, pour les carrosseries et les châssis.
Diversifications étonnantes
Ce projet Grenadier a été lancé par Ineos en 2017. Le groupe britannique, centré sur la pétrochimie dont il est l’un des plus grands acteurs mondiaux, a pourtant investi dans des diversifications étonnantes ces dernières années, notamment dans le football et le cyclisme. L’idée du 4x4 découle de l’arrêt programmé du 4x4 Defender de Land Rover, modèle que Jim Ratcliffe, président d’Ineos, affectionnerait. Après un verre dans un pub nommé le Grenadier, estimant que cet arrêt créerait un manquement dans le marché des 4x4, il avait alors engagé son groupe dans ce projet singulier afin de remettre sur le marché un modèle robuste, sans fioriture ni concession.



