Novacyt voit de plus en plus grand. Sa division de diagnostic moléculaire, Primerdesign, acquise en 2016 et basée à Southampton au Royaume-Uni, engage un projet de doublement des capacités de production de son test PCR du Covid-19. L’objectif est de porter ses capacités de 4 millions de tests par mois à 8 millions au cours de trois prochains mois.
Le groupe Novacyt vient ainsi de conclure deux accords de sous-traitance avec deux acteurs basés au Royaume-Uni, Biopharma Process Services et Biofortuna Limited. En parallèle, PrimerDesign prévoit d’ajouter des capacités sur son propre site de production à Southampton. Des négociations sont même en cours avec d’autres partenaires, toujours au Royaume-Uni, pour envisager une montée en cadence encore supérieure.
Demande exponentielle
Novacyt a été l’un des premiers producteurs européens de diagnostic à mettre au point un test PCR pour la détection des malades du Covid-19 et à obtenir un marquage CE. Disponible en Europe dès la mi-février, la demande a été depuis exponentielle, avec des autorisations et une distribution dans une soixantaine de pays dans le monde, notamment les Etats-Unis, sous le régime d’une procédure d’urgence. En France, ce test a lui aussi été approuvé par le Centre national de référence de l’Institut Pasteur, le 6 avril dernier, et fait partie de la trentaine de tests PCR autorisés en France pour la détection du Covid-19.
Mi-mars, Novacyt indiquait que ses capacités de production avaient atteint 2 millions de tests par mois, ce qui représentait dix fois les capacités initiales, grâce déjà à des accords de sous-traitance. En moins d’un mois, ses capacités ont donc doublé, et devraient encore doubler avec les deux nouveaux accords. Ces hausses exponentielles de production engendrent des besoins nettement accrus en matières premières, sachant que 76 composants entrent en jeu pour la constitution d’un kit de test. Le groupe a ainsi passé des commandes supplémentaires pour sécuriser son approvisionnement et prospecte pour dénicher des fournisseurs additionnels.
Une méthode d'extraction plus rapide en mai
Novacyt travaille également sur une nouvelle méthode d’extraction pour la réalisation des tests PCR, qui pourrait être disponible dès le mois de mai. L’objectif est double. D’une part, cela permettrait de limiter le recours à certains composants rares indispensables à l’extraction des données des tests PCR, d’autant que certains agents d’extraction feraient face à des pénuries. D’autre part, cela réduirait le nombre d’étapes d’extraction et faciliterait le traitement des échantillons en laboratoire. Novacyt y voit aussi l’opportunité "d'accélérer les temps de cycle, d'augmenter les cadences de test et de réaliser des économies".
Fondé en 2005 via le regroupement de plusieurs sociétés, Novacyt était initialement un spécialiste du diagnostic dans les domaines de cancer et des maladies infectieuses mais avait depuis diversifié son portefeuille, avec notamment des positionnements sur les services cliniques et les tests alimentaires. Basé à Paris et à Camberley (Royaume-Uni), avec 119 salariés au total, le groupe est doublement coté sur Euronext Paris (90% du capital) et le London Stock Exchange. Engagé dans un programme de recentrage de ses activités sur la production de réactifs de diagnostics basés sur les protéines et les molécules, Novacyt n’a pas encore détaillé ses résultats 2019. En début d’année, il avait simplement dévoilé un chiffre d’affaires de 13,1 millions d’euros pour l’exercice 2019, en retrait de 5 à 6% sur un an.



