Le français OVHcloud se prépare à une introduction en Bourse pour financer sa croissance

[Actualisé] Après avoir investi 1,5 milliard d’euros en cinq ans, le français OVHcloud prépare un nouveau plan visant à accélérer sa croissance dans le cloud. Au programme : l’expansion à l’international, le renforcement de l’innovation et l’extension de son empreinte de datacenters. Pour financer ce plan, il se prépare à une introduction en Bourse.

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OHVcloud à l'heure d'un tournant stratégique

Des changements en perspectives pour OVHcloud. Le champion français du cloud, qui compte 2 450 personnes dans le monde, dont environ 1 600 en France, prépare son plan de développement sur les cinq prochaines années. L’ambition est claire.

"Nous voulons accélérer notre croissance à deux chiffres et conforter notre positionnement d’alternative européenne de confiance aux géants américains et chinois de l’internet ", affirmait son directeur général Michel Paulin lors d'un entretien avec des journalistes le 3 novembre 2020.

31 datacenters dans 8 pays

Au cours du plan de cinq ans qui vient de s’achever, OVHcloud a investi 1,5 milliard d’euros. L’entreprise roubaisienne est devenue un acteur global du cloud d’infrastructure avec une galaxie de 31 datacenters répartis dans huit pays, dont l’Australie, le Canada, les Etats-Unis et Singapour. Pour financer cet effort, son fondateur Octave Klaba a dû en 2016 ouvrir 20 % du capital aux fonds d’investissement américains KKR et TowerBrook.

Michel Paulin, DG OVHcloudOVHcloud
Michel Paulin, DG OVHcloud Michel Paulin, DG OVHcloud

Michel Paulin, directeur général d'OVHcloud (Crédit photo: OVHcloud)

Les détails du prochain plan ne sont pas divulgués. Mais Octave Klaba ne cachait pas ses ambitions de passer à la vitesse supérieure en doublant, voire triplant la mise par rapport au plan précédant. Ce qui suppose le recours à de nouveaux moyens conséquents de financement. "Toutes les options sont sur la table ", précise-t-on chez OVHcloud. L’introduction en Bourse, à Paris, qui était jusqu’ici un sujet tabou, semble une option sérieusement à l’étude, et ce en dépit d’un contexte rendu défavorable par la pandémie du Covid-19. L'entreprise a pris la décision de "se préparer" à une introduction en Bourse, sans toutefois fixer de calendrier précis, a-t-elle indiqué lundi 8 mars à l'AFP.

Mais pas question pour Octave Klaba de perdre le contrôle de son entreprise familiale. Conserver la maîtrise de son destin est essentiel à ses yeux, il entend donc rester majoritaire avec sa famille.

Reprise des embauches

OVHcloud ne divulgue plus son chiffre d’affaires. Mais selon l’estimation de L’Usine Nouvelle, il tournerait autour de 700 millions d’euros au dernier exercice fiscal clos en août 2020, en croissance annuelle d’environ 15 %. Signe d’une effervescence de son activité, les embauches, gelées à l’arrivée en 2018 de Michel Paulin au poste de directeur général, ont repris. " Au cours de l’exercice fiscal 2020 clos en août, nous avons réalisé 350 embauches et comptons embaucher plus de 200 personnes sur l’exercice fiscal 2021, confie-t-il. Ces embauches concernent aussi bien la France que l’international et touchent toutes les fonctions. Elles visent à accompagner notre croissance. "

Alors que des cabinets d’étude de marché voient dans la pandémie du Covid-19 un accélérateur de l’adoption du cloud, Michel Paulin constate un impact mitigé. " C’est vrai que la crise du Covid-19 a accéléré la transformation numérique de la société et des entreprises, et cela se traduit par une forte de demande de cloud d’infrastructure par les fournisseurs de logiciel en mode SaaS dans des domaines comme les visiocommunications ou les jeux, explique-t-il. Dans le même temps, elle a un impact négatif sur les entreprises, conduisant à des reports de projets d’investissement. "

"2021, année décisive"

Dans le nouveau plan, OVHcloud entend poursuivre son expansion à l’international avec l’ouverture de datacenters notamment en Inde et au Brésil via des partenariats locaux sur le modèle de ce qui a été fait en Australie et à Singapour. Ceci sans oublier de conforter son ancrage européen. L’heure est également à la construction d’un écosystème couvrant tous les segments du cloud. OVHcloud est déjà présent dans le segment du logiciel à la demande (SaaS pour software as a service) à travers sa place de marché où figurent aujourd’hui plus de 250 éditeurs de logiciel partenaires. L’objectif maintenant est de monter sur les couches de l’infrastructure. " Nous allons continuer à investir sur le cloud d’infrastructure – IaaS (pour infrastructure as a service), promet Michel Paulin. Mais nous voulons aussi nous développer sur la couche au-dessus de plateforme de développement et exécution d’applications – (PaaS pour Platform as a service)- de façon à étendre nos services dans le calcul, le stockage, les bases de données, l’intelligence artificielle ou encore la sécurité. "

La souveraineté des données reste le cheval de bataille privilégié d’OVHcloud. L’entreprise est active aussi bien dans le chantier du cloud de confiance du gouvernement français que dans l’initiative franco-allemande Gaia-X dont elle est l’un des 22 membres fondateurs. Elle est candidate au label SecNumCloud de l'Anssi, l'agence nationale de sécurité des systèmes d'information, et son équivalent ailleurs en Europe, comme AgID en Italie, C5 en Allemagne ou  G-Cloud au Royaume-Uni. " L’année 2021 va être décisive, prévoit Michel Paulin. Nous allons proposer une solution agrégée de cloud  comme alternative souveraine européenne aux solutions des Gafam américains. " OVHcloud collabore sur le sujet notamment avec l’allemand T-Systems.

Le nouveau plan laisse également de la place à la croissance externe via des acquisitions à l’instar du rachat cette année d’OpenIO et Exten dans le stockage des données.

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