Le tricolore prend la tête de la course. Malteries Soufflet devient officiellement le premier producteur mondial de malt suite à la clôture du rachat de son concurrent, le groupe australien United Malt Group, le 15 novembre. Le français, deuxième producteur mondial avant l’opération, voit ainsi sa production augmenter de 2,4 millions à 3,7 millions de tonnes annuelles et occupe désormais 15% des parts de marché du malt dans le monde. L’opération à 1,5 milliard de dollars australiens (900 millions d’euros) permet à la maison mère, InVivo, et aux actionnaires minoritaires de s'accaparer 100% du capital du producteur océanien.
L’intégration de l’Australien ouvre ainsi la porte à de nouveaux marchés à la malterie française, qui pose désormais le pied aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et dans les distilleries de whisky écossais. «Ce sont des régions où nous n’étions pas. C’est rare un mariage entre deux entreprises qui se chevauchent aussi peu», commente, enthousiaste, Guillaume Couture, le directeur général des Malteries Soufflet.
Mariage heureux
Les discussions de rachat entre Malteries Soufflet et United Malt Group avaient débuté quelques jours seulement après le rachat du producteur français par InVivo, fin 2021. Un empressement logique, alors que le géant agricole venait de fixer l’objectif de doubler l’activité de son champion du malt dans les cinq années suivantes.
Heureux, le mariage entre le Français et l’Australien promet d’être fécond. Le producteur tricolore rafle les cinq malteries de United Malt Group présentes au Canada et aux États-Unis. Celles-ci possèdent une capacité de production de 750 000 tonnes de malt par an, soit presque autant que les lignes de productions françaises – le premier pays producteur du groupe. Au passage, le français se tranche une part dans le marché des producteurs artisanaux de bière kraft nord-américains. «Celui-ci est beaucoup plus gros et mature qu’en France», commente Guillaume Couture.
Maîtriser la distribution de la céréale
La malterie française met également la main sur la douzaine de centres de distribution de houblon et de malt présents dans les deux pays nord-américains, alors qu’elle ne possédait qu’un seul entrepôt dédié de 5 000 m² en Belgique. «Nous souhaitons nous développer en Inde et au Brésil, qui sont en pleine croissance, où nous comptons maîtriser la production, mais également la distribution. Les compétences acquises dans la distribution en Amérique du Nord, dans la mise en sacs par exemple, seront alors précieuses», explique le patron des Malteries Soufflet.
La piètre année 2023 pour les vendeurs de bières, plombés par l’inflation, constituerait la seule ombre au tableau des Malteries Soufflet. Les ventes ont subi une chute plus importante que prévu en Asie. Heineken a ainsi vu son volume de bière vendues fondre de 5,6% au premier semestre 2023 par rapport à 2022. «On clôturera 2023 sur un léger tassement, mais nous anticipons une reprise soutenue à long terme», avance Guillaume Couture. Pour l’heure, le groupe ne prévoit pas de fermeture ou de coupe dans les emplois suite à ce rachat.



