Fondé en 1973 par Roger Pellenc à Pertuis (Vaucluse), le concepteur, fabricant et distributeur de machines et outils agricoles, réalise 345 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023, dont 60% à l’export, avec 2 020 salariés. Dans les années 1980, forte de sa reconnaissance dans les grands vignobles français, l’entreprise se lance en Australie, aux États-Unis, en Espagne, en direct, via des proches de confiance du dirigeant, à «l’esprit d’entrepreneurs conquérants», relate Simon Barbeau, son actuel président.
«Ces profils techniques et partenaires pouvaient expliquer pourquoi les solutions Pellenc étaient plus performantes que d’autres, puis former les utilisateurs et maîtriser le service autour, poursuit le président. Leur écoute du marché et leurs connaissances ont permis notamment la reconfiguration, à Pertuis, de machines à vendanger pour servir l’oléiculture en Espagne ou l’ajout d’un bras extracteur à une machine à benne pour couvrir plus facilement les immenses vignobles américains.»
En Italie, Pellenc crée une entreprise commune avec Volentieri, un autre groupe familial, afin d’approcher les vignerons locaux. Avant de prospecter un pays, le fabricant analyse l’ampleur des superficies agricoles et le niveau de mécanisation des récoltes. «Les États-Unis symbolisent le marché idéal, avec de grandes superficies et une main-d’œuvre coûteuse comme en Europe, précise-t-il. En Chine, elle est abordable, ce qui ne motive pas encore une recherche de mécanisation, malgré de grandes surfaces viticoles.» Aujourd’hui, les équipes à l’étranger approvisionnent toujours le bureau d’études et R&D en besoins issus du terrain.
Standardisation des pratiques
Le groupe fait face à des clients plus concentrés, plus mondialisés. «Nous devons comprendre leurs problématiques sur le long terme, tout en préservant notre connaissance des terroirs. Si nous leur vendons demain un robot, ils le voudront dans tous les pays, pour standardiser les pratiques. Par ailleurs, les préoccupations RSE progressent. La Californie ne veut déjà plus d’outils à batterie thermique.»
La croissance de Pellenc passera par la montée de la mécanisation de l’arboriculture et la polyvalence accrue des exploitations. «Même sur le marché mature de la machine à vendanger, nous pouvons relever des défis, en services connectés, récolte de nuit... Nos innovations doivent être multifonctions pour servir en toute saison à diverses cultures et accentuer la rentabilisation des engins. Nous innovons toujours plus pour l’export.» Présent dans 55 pays, Pellenc détient 1328 brevets.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3732-3733 - Juillet-Août 2024



