Stellantis annonce le départ anticipé de son PDG Carlos Tavares

Carlos Tavares n'est plus le patron de Stellantis. Poussé vers la sortie par un conseil d'administration dont il n'avait manifestement plus la confiance, le directeur général du groupe aux quatorze marques (Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep) a démissionné «avec effet immédiat» dimanche 1er décembre.

Réservé aux abonnés
Carlos Tavares Stellantis
Carlos Tavares n'est plus le dirigeant de Stellantis, géant mondial de l'automobile dont il avait orchestré la création en 2021.

Coup de tonnerre chez Stellantis. Le constructeur automobile, né de la fusion en 2021 de PSA Peugeot-Citroën et de Fiat Chrysler Automobiles, a officialisé dimanche 1er décembre le départ de son directeur général, Carlos Tavares. Selon un communiqué publié peu avant 21 heures, le dirigeant portugais de 66 ans a présenté sa démission au conseil d’administration, qui l’a acceptée «avec effet immédiat».

En attendant la désignation d’un nouveau dirigeant permanent, c’est John Elkann, président du conseil d’administration et tête de proue du premier actionnaire du groupe, la famille Agnelli (qui détient 14,2% du mastodonte via sa holding Exor), qui dirigera l’entreprise au sein d’un nouveau comité exécutif temporaire. Cet organe doit encore être mis en place. «Le processus de nomination du nouveau CEO permanent, géré par un comité spécial du conseil d’administration, est en bonne voie et aboutira au cours du premier semestre de 2025», précise le communiqué. Ce processus était initialement prévu à la fin de l’année 2025, quelques semaines avant la fin officielle du mandat de Carlos Tavares.

«Divergence de vues»

Le processus de recrutement pour trouver le successeur du dirigeant, à la tête de PSA depuis 2014, a été lancé début octobre, en même temps que l'annonce de son départ à la retraite à la fin de son mandat, prévu début 2026. Le dirigeant avait réussi à sauver son poste après un avertissement sur résultats le 30 septembre dernier, qui l’avait forcé à abandonner la marge à deux chiffres que son groupe avait jusqu’alors toujours réussi à générer. Dans le communiqué publié ce 1er décembre, Stellantis confirme par ailleurs ses objectifs financiers au titre de ses résultats annuels 2024, soit une marge opérationnelle courante entre 5,5% et 7%. Carlos Tavares quitte donc un groupe automobile parmi les plus performants au monde, dont les résultats restent largement positifs.

Comment, dès lors, expliquer le départ anticipé du dirigeant, qui assurait il y a encore quelques semaines avoir confiance dans le conseil d’administration (dont il faisait partie) pour honorer son contrat ? S’il paie sans doute la dégringolade des résultats du groupe, en particulier en Amérique du Nord (45% du chiffre d’affaires), ce n’est pas la raison invoquée en filigrane par le conseil d’administration. «Le succès de Stellantis depuis sa création repose sur un alignement parfait entre les actionnaires de référence, le conseil d'administration et le CEO. Cependant, ces dernières semaines, des points de vue différents sont apparus, ce qui a amené le conseil d'administration et le CEO à la décision d’aujourd’hui», a commenté Henri de Castries, administrateur indépendant sénior de Stellantis, cité dans le communiqué.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Un «management dur»

Une source au sein de l’entreprise indique à L’Usine Nouvelle que son départ est potentiellement dû au «management dur» du désormais ex-patron. «Si c’est le cas, je ne suis pas surpris. Mais le “board” le savait», commente la même source. Carlos Tavares est en effet un dirigeant réputé pour la pression importante exercée sur ses employés, avec un «turn-over» important au sein de son équipe dirigeante, récemment remaniée avec notamment le départ de sa directrice financière. De sources concordantes, le dirigeant était très critiqué outre-Atlantique ces derniers mois.

Arrivé à la présidence du directoire de PSA en mars 2014 après 30 ans de service chez Renault, Carlos Tavares avait rapidement mis en œuvre un plan stratégique de relance de Peugeot-Citroën baptisé «Back in the race», axé sur le retour à la rentabilité. Il en a étoffé le portefeuille de marques en rachetant la marque allemande Opel en 2017 et en relançant la marque DS (sortie du giron de Citroën). Carlos Tavares a ensuite mis PSA sur la voie de la fusion avec Fiat-Chrysler, un rapprochement opéré début 2021 et donnant naissance à Stellantis. Une machine à fabriquer de la marge qui s’est enrayée au bout de trois ans. La question, désormais, est de savoir qui pourra la relancer ?

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
78 - Rambouillet
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs