A la peine aux Etats-Unis, Stellantis accuse une baisse de 27% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre

Le constructeur automobile Stellantis, en proie à des difficultés opérationnelles aux États-Unis, a publié un chiffre d’affaires de 33 milliards d’euros au troisième trimestre, une contre-performance par rapport à un an plus tôt. Il espère inverser la vapeur dès 2025.

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Natalie Knight, speaking at the Stellantis Investor Day 2024 event, said the Company is responding decisively to near-term challenges and remains confident in the ability to deliver double-digit profitability while developing a holistic capital plan and c
Natalie Knight, s'exprimant le 13 juin à Auburn Hills (Michigan, États-Unis) lors de la journée investisseurs Stellantis 2024. La directrice financière du groupe automobile depuis avril 2023 a quitté l'entreprise en octobre, quelques jours après la publication d'une alerte sur résultat le 30 septembre.

La chute n’est pas aussi vertigineuse que chez certains concurrents, mais elle n’en fait pas moins mal. Stellantis a annoncé jeudi 31 octobre une baisse de son chiffre d’affaires de 27% au troisième trimestre, par rapport à la même période un an plus tôt. Ses ventes ressortent à 33 milliards d’euros, «principalement en raison d'une baisse de ~21% du volume et du mix, ainsi que d'une diminution de ~5% des impacts combinés de la tarification et des taux de change», explique le groupe automobile dans un communiqué. Des résultats «inférieurs à notre potentiel», a sobrement commenté Doug Ostermann, le nouveau directeur financier, cité dans le communiqué.

À l’instar de ses pairs, Stellantis subit les conséquences d’un marché atone aux États-Unis et en Europe, malgré l’arrivée de vingt nouveaux modèles sur le marché en 2024 (comme les Citroën ë-C3, Peugeot 3008 ou Alfa Romeo Junior). Sur les mois de juillet, août et septembre, les ventes consolidées se sont élevées à 1 148 000 unités, soit une baisse de 20% par rapport à la même période un an plus tôt.

Outre des «vents contraires liés à un environnement de marché difficile en Europe», le constructeur est depuis quelques semaines empêtré dans des difficultés opérationnelles aux États-Unis, imputées notamment à un plan marketing qui n’a pas produit les effets escomptés et a notamment causé l’augmentation massive des stocks chez les concessionnaires américains – qu'il s'évertue désormais à réduire de 100 000 unités.

«On a trébuché»

Ce sont ces difficultés en Amérique du Nord qui ont poussé le groupe automobile à abaisser ses prévisions financières, le 30 septembre. Alors qu’il visait une marge opérationnelle courante «à deux chiffres», le groupe a revu ses objectifs entre 5,5% et 7,0% pour l’exercice 2024. Cette annonce a causé du remous pour Stellantis, sur les marchés comme en interne. Quelques jours plus tard, Stellantis annonçait un nouveau chambardement de son organigramme : la directrice financière du groupe, Natalie Knight, a quitté l’entreprise, moins d'un an et demi après son arrivée. «Je pense qu’on a trébuché. On a commis une erreur opérationnelle, on la corrige», déclarait quelques jours plus tard Carlos Tavares, le dirigeant du groupe, lors d’une prise de parole devant des journalistes à l’occasion de l’ouverture de Mondial de l’automobile de Paris, le 14 octobre.

«S’il y a un mec à dézinguer, c’est moi !», s’était-il exclamé, 72 heures après que son entreprise a confirmé son départ à la retraite en 2026, à l’issue de son mandat. Le dirigeant se dit «pas amer» sur cette décision, dont il assure qu’elle a été prise à son initiative. «J’ai une devise simple : piloter pour ne pas subir. Je prends des décisions pour impacter ma vie», a encore déclaré l’ingénieur portuguais de 66 ans, fort d’une carrière de 45 ans dans l’automobile. Entré chez Renault en 1981, Carlos Tavares a changé de navire en 2014 pour rejoindre PSA Peugeot-Citroën, alors en grande difficulté financière. Il a redressé le groupe avant d’y incorporer la marque Opel, récupérée à General Motors lors de son départ du sol européen en 2017. Carlos Tavares a ensuite orchestré la création de Stellantis en 2021, avec la fusion de son groupe avec Fiat-Chrysler.

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