La chute n’est pas aussi vertigineuse que chez certains concurrents, mais elle n’en fait pas moins mal. Stellantis a annoncé jeudi 31 octobre une baisse de son chiffre d’affaires de 27% au troisième trimestre, par rapport à la même période un an plus tôt. Ses ventes ressortent à 33 milliards d’euros, «principalement en raison d'une baisse de ~21% du volume et du mix, ainsi que d'une diminution de ~5% des impacts combinés de la tarification et des taux de change», explique le groupe automobile dans un communiqué. Des résultats «inférieurs à notre potentiel», a sobrement commenté Doug Ostermann, le nouveau directeur financier, cité dans le communiqué.
À l’instar de ses pairs, Stellantis subit les conséquences d’un marché atone aux États-Unis et en Europe, malgré l’arrivée de vingt nouveaux modèles sur le marché en 2024 (comme les Citroën ë-C3, Peugeot 3008 ou Alfa Romeo Junior). Sur les mois de juillet, août et septembre, les ventes consolidées se sont élevées à 1 148 000 unités, soit une baisse de 20% par rapport à la même période un an plus tôt.
Outre des «vents contraires liés à un environnement de marché difficile en Europe», le constructeur est depuis quelques semaines empêtré dans des difficultés opérationnelles aux États-Unis, imputées notamment à un plan marketing qui n’a pas produit les effets escomptés et a notamment causé l’augmentation massive des stocks chez les concessionnaires américains – qu'il s'évertue désormais à réduire de 100 000 unités.
«On a trébuché»
Ce sont ces difficultés en Amérique du Nord qui ont poussé le groupe automobile à abaisser ses prévisions financières, le 30 septembre. Alors qu’il visait une marge opérationnelle courante «à deux chiffres», le groupe a revu ses objectifs entre 5,5% et 7,0% pour l’exercice 2024. Cette annonce a causé du remous pour Stellantis, sur les marchés comme en interne. Quelques jours plus tard, Stellantis annonçait un nouveau chambardement de son organigramme : la directrice financière du groupe, Natalie Knight, a quitté l’entreprise, moins d'un an et demi après son arrivée. «Je pense qu’on a trébuché. On a commis une erreur opérationnelle, on la corrige», déclarait quelques jours plus tard Carlos Tavares, le dirigeant du groupe, lors d’une prise de parole devant des journalistes à l’occasion de l’ouverture de Mondial de l’automobile de Paris, le 14 octobre.
«S’il y a un mec à dézinguer, c’est moi !», s’était-il exclamé, 72 heures après que son entreprise a confirmé son départ à la retraite en 2026, à l’issue de son mandat. Le dirigeant se dit «pas amer» sur cette décision, dont il assure qu’elle a été prise à son initiative. «J’ai une devise simple : piloter pour ne pas subir. Je prends des décisions pour impacter ma vie», a encore déclaré l’ingénieur portuguais de 66 ans, fort d’une carrière de 45 ans dans l’automobile. Entré chez Renault en 1981, Carlos Tavares a changé de navire en 2014 pour rejoindre PSA Peugeot-Citroën, alors en grande difficulté financière. Il a redressé le groupe avant d’y incorporer la marque Opel, récupérée à General Motors lors de son départ du sol européen en 2017. Carlos Tavares a ensuite orchestré la création de Stellantis en 2021, avec la fusion de son groupe avec Fiat-Chrysler.



