Le CO2 du cimentier LafargeHolcim stocké dans les puits de pétrole d'Occidental

Le groupe cimentier LafargeHolcim, une filiale du pétrolier américain Occidental, le spécialiste du captage de carbone Svante et le groupe pétrolier Total ont annoncé le 6 janvier une étude conjointe pour évaluer la viabilité d’une unité industrielle de captage du CO2 émis par la cimenterie Holcim Portland de Florence (Colorado, États-Unis) et son stockage dans les puits de pétrole.

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Un consortium industriel envisage de capter le CO2 de la cimenterie Holcim de Portland (Florence, Colorado) pour l'injecter dans les puits de pétrole d'Occidental.

LafargeHolcim, Occidental (via sa filiale à 100 % Oxy Low Carbon), Svante et Total ont annoncé conjointement, lundi 6 janvier, le lancement de l’évaluation d’une unité CCUS à l’échelle industrielle. Cette unité de captage, stockage et utilisation du CO2 serait installée sur le site du cimentier LafargeHolcim à Florence (Colorado, États-Unis).

Cette initiative conjointe fait suite au projet "CO2MENT" lancé récemment par Svante, LafargeHolcim et Total à la cimenterie Lafarge Richmond au Canada, et qui a déjà permis des progrès en matière de réinjection de CO2 capté dans le ciment.

Une technologie CCUS à coût réduit

Ce dispositif basé sur la technologie de Svante permettrait, selon les porteurs du projet, de capter et de stocker 750 000 tonnes annuelles de dioxyde de carbone émis par la cimenterie pour un investissement inférieur de moitié au coût des solutions existantes sur le marché.

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"Grâce au coût réduit de la technologie de Svante et aux politiques volontaristes de crédits d’impôt – à l’instar du crédit d’impôt 45Q aux États-Unis – le captage de CO2 peut être rentable dans le cadre de certaines applications industrielles à grande échelle comme la cimenterie", affirme le PDG de Svante, Claude Letourneau.

Augmenter la production de pétrole en recyclant le CO2

Ce dioxyde de carbone serait ensuite stocké définitivement en sous-sol par Occidental. La compagnie pétrolière, qui figure parmi les plus engagées dans la production de pétrole bas carbone, utilise l’injection de CO2dans les puits pour en améliorer le rendement. Injecter le gaz au fond de gisements matures permet d’augmenter la pression au fond des puits, pour faire remonter davantage de pétrole, tout en stockant le dioxyde de carbone de façon permanente.

"La mission d’OLCV [Oxy Low Carbon Ventures, filiale captage et stockage de CO2d’Occidental] consiste à promouvoir les solutions bas carbone qui permettront de soutenir la croissance d’Occidental tout en réduisant les émissions. Notre participation à cette étude est cohérente avec nos objectifs concernant la recherche d’une solution économiquement viable vers une application à grande échelle des technologies de capture du carbone pour réduire les émissions", commente le président d’OLCV Richard Jackson dans un communiqué.

Le stockage est l’un des cinq piliers de la stratégie climat de Total

"Total consacre 10 % de son budget R&D annuel pour faire progresser significativement la technologie CCUS (captage, stockage et utilisation du CO2), une technologie indispensable pour réduire les émissions de CO2 à l’échelle mondiale", rappelle Marie-Noëlle Semeria, directrice R&D du groupe pétrolier français. "Les résultats de cette étude nous aideront à poursuivre notre engagement dans le développement commercial du CCUS."

Total a déjà testé avec succès le stockage de dioxyde de carbone dans le sous-sol de son ancien site gazier de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Le groupe a également participé à deux projets norvégiens de stockage sous-marin du gaz à effet de serre en mer du Nord, ainsi qu’à un projet industriel de captage de CO2 d’un incinérateur d’Oslo et d’une cimenterie à proximité de la capitale norvégienne. Le CO2 capté à Oslo sera transporté jusqu’au réseau de stockage sous-marin développé par la compagnie pétrolière Equinor (ex-Statoil).

Engagement en demi-teinte d'Equinor sur sa neutralité carbone

Le groupe énergétique norvégien a annoncé le même jour son ambition de réduire à près de zéro ses émissions en 2050, après des étapes de réduction du dioxyde de carbone émis de 40 % en 2030 et de 70 % en 2040. Un engagement qui ne concerne que la phase de production de pétrole et de gaz naturel, et uniquement ses opérations en Norvège (soit 61 % de la production d’hydrocarbures du groupe en 2018). Equinor est présent dans 30 pays et produit dans 12 pays dont les États-Unis, le Brésil, l’Angola et l’Azerbaïdjan.

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